Nombre de syllabes dans un mot

Discussion in 'Français Seulement' started by Betilie, Jan 31, 2007.

  1. Betilie Junior Member

    Bonjour

    Je viens vers vous car je ne suis pas d'accord avec la maîtresse d'école de mon fils et je souhaiterai avoir d'autres opinions, particulièrement celle de gens comme vous intéressés par notre langue et par la linguistique.

    Nous débattons - elle et moi- sur la manière de compter les syllabes dans un mot se finissant par un E

    dans sa version, Hippopotame n'a que 4 syllabes (hi -ppo-po- tam) alors que j'en compte 5 (hi-ppo-po-ta-me )
    Mon fils s'appelle Etienne et là encore nous ne sommes pas d'accord :E-TIENN pour elle et E-TIE-NNE pour moi.
    Ces "E" étant considérés comme muet.
    (pour moi ils ne le sont pas sinon mon fils s'appelerait "Etien" comme dans "et tiens")

    Pourriez vous me donnez vos avis??
     
  2. DearPrudence

    DearPrudence Dépêche Mod

    IdF
    French (lower Normandy)
    Bonsoir

    Allez, en attendant les spécialistes, je me lance ...
    Je crois que je vais donner raison à l'institutrice de votre fils, désolée.
    Bien sûr, vous êtes du Sud alors je suppose que cela peut être différent.

    En tout cas, dans mon dictionnaire et dans ma manière de prononcer, le "e" final d'hippopotame est muet. D'ailleurs, la transcription phonétique de mon dictionnaire est la suivante (enfin, pas vraiment pour les "o" mais je n'ai rien pour le retranscrire) :
    /ipopotam/ = 4 syllabes.
    (voir peut-être cet article de Wiktionnaire)

    Quant à Etienne, moi, je le prononcerais un peu comme ça :
    "e - tjen" = 2 syllabes

    C'est justement le rôle du "e" ici : indiquer que la prononciation est bien "ène" et pas une voyelle nasal "en" : c'est ce qu'on appelle une lettre diacritique : elle ne se prononce pas mais est quand même indispensable car joue un rôle non négligeable* ici.

    J'espère ne pas avoir dit trop de bêtises.
    En attendant de meilleures explications ou autres points de vue ...

    * je crois d'ailleurs que ce "e" dans "négligeable" est aussi un "e" diacritique : il ne se prononce pas mais indique comment le "g" doit être prononcé ...
     
  3. Betilie Junior Member

    Merci de vous lancer...

    J'entends bien votre raisonnement toutefois quelque chose me chagrine...Vous sous-entendez que le comptage des syllabes doit se faire à partir de la phonétique du mot et non à partir du mot lui même.
    Je sais que les choses évolues et que ça fait déjà quelques années que je ne suis plus en maternelle pourtant il me semblait que l'on comptait les syllabes du mot avant, non?

    Là où cette situation me gène profondément c'est que mon fils, Etienne, est en apprentissage de la lecture, d'ailleurs assez en avance je ne cache pas ma fierté :cool:, et lit le mot "TOUTE" de la même manière que le mot "TOUT".
    Il note bien que ces 2 mots sont différents pourtant il ne voit pas pourquoi il devrait les prononcer différemment puisque on lui apprend que le "E" est muet....:confused:
     
  4. BassPlayer New Member

    France/Living in USA
    Il me semble que le comptage de syllabes dans un poeme par exemple ne prend pas du tout en compte la prononciation, mais qu'il existe des regles bien precises.
    si mes souvenirs sont bon et si les regles sont toujours les meme:

    Hippopotame en mot seul compte 5 syllabes. => le 'e' compte.
    idem pour Etienne.

    L'exception etant si dans un poeme on a:

    hippopotame mange => total syllabes: 5+2
    hippopotame a mangé => total syllabes: 4+1+2, on ne compte pas:
    hi-ppo-po-ta-me-a-man-gé
    mais:
    hi-ppo-po-ta-ma-man-gé


    Jul

    ah!! les excercices de detection de faux et vrais sonnets. enfin dans le cas ou je ne me trompe pas.
     
  5. BassPlayer New Member

    France/Living in USA
    Pour debattre avec l'instit', il suffit de trouver un livre de poesie en alexandrins et de compter avec elle
     
  6. Grop

    Grop Senior Member

    Provence
    français
    Bah, c'est la vieille histoire des gens du nord qui oublient des voyelles et prétendent avoir des bonnes raisons pour ça et que les autres ont tord ;).

    C'est typiquement le genre de sujet sur lequel discuter est une perte de temps: il y a deux bonnes façons de prononcer tous ces mots comme boule ou allumette, et cela influe sur le nombre de syllabes.

    Et pourtant même dans le sud on prononce généralement "hippopotame a mangé" en sept syllabes et pas huit, parce que ce serait lourd.
     
  7. emma42 Senior Member

    North East USA
    British English
    Bonsoir, Betilie. A mon avis anglophone (!!), vous avez raison tous les deux. Il y en a des explications linguistiques et sociales qui peuvent soutenir les deux avis. Voire, l'une des choses la plus importante que j'ai appris dans ces forums - quelquefois il n'y a pas une solution juste aux questions de langue.
     
  8. mickaël

    mickaël Senior Member

    Bonjour,
    Je donnerais aussi raison à l'institutrice de votre fils. :eek:

    Même avec l'accent, à moins d'exagérer sur le découpage de ce mot, dans une conversation normale (même si ce n'est pas un mot que j'utilise tous les jours :) ), je ne prononce pas hi-ppo-po-ta-meu, mais bien hi-ppo-po-tam, avec le tam en une seule émission de voix. Ce serait la même chose avec éléphante : é-lé-phant et pas é-lé-phan-teu.
    Essayez peut-être de regarder comment vous le prononcez devant une glace.
    Désolé. :eek:
     
  9. Betilie Junior Member

    J'adhère complètement au message de BassPlayer. Merci, je me sens moins seule!!

    Pour répondre à Mickaël, effectivement je ne prononce pas "hippopotameu" mais je ne prononce pas non plus "hippopotam" avec un "m" en suspension

    Encore une fois, je ne comprends pas pourquoi nous devrions compter les syllabes en phonétiques, il me semblait que les syllabes étaient la découpe du mot et pas d'un son

    Merci en tout cas de faire avancé mon "débat":)
     
  10. Agnès E.

    Agnès E. Senior Member

    France
    France, French
    Bonjour Betilie,
    Bienvenue sur le forum !

    Je me demande si ceci n'aurait pas à voir avec les différentes manières d'enseigner la lecture. En effet, moi qui suis un peu plus âgée que vous, j'ai appris à découper les mots en syllabes selon la construction du mot, et non selon sa phonétique. Quand j'étais enfant, nous apprenions plutôt à lire selon la méthode syllabique, d'où un hippopotame découpé ainsi, en fait :

    HIP-PO-PO-TA-ME

    On nous faisait séparer les consonnes doubles, ce qui, je crois, ne se fait plus.

    Avec l'apparition de la méthode globale, puis de la semi-globale (celle qui, je pense, prévaut en maternelle pour généralement s'effacer plus ou moins au CP et en CE1 devant une approche nettement plus alphabétique/syllabique), on a tendance à simplifier le comptage et à découper les mots selon leur phonétique, d'où le résultat donné par l'institutrice.

    Je rejoindrais assez, néanmoins, notre chère DearPrudence dans son analyse, qui s'aide du dictionnaire et fait la différence entre orthographe pure et phonétique. :)
     
  11. KaRiNe_Fr

    KaRiNe_Fr Senior Member

    France, Provence
    Français, French - France
    Mais qu'est-ce qu'une syllabe ? ;)
    (je n'étais pas sûre de ma propre définition...)
     
  12. BassPlayer New Member

    France/Living in USA
    Ben c'est pas gagne comme debat.

    D'apres la definition fournie par Karine, il peut y avoir une difference entre syllabes du parler courant et syllabes en poesie.

    cependant je maintiens ma position.
    le compromis etant: 5 syllabes dans Hyppopotame mais la derniere est 'mangee'.
     
  13. DearPrudence

    DearPrudence Dépêche Mod

    IdF
    French (lower Normandy)
    J'ai répondu selon mon point de vue, sans voir cela d'un point de vue pédagogique ni quoi que ce soit. Oui, bien sûr, je crois que ça n'aidera pas Etienne de parler de lettre diacritique :D :p

    Je crois me souvenir qu'en effet, j'ai appris à lire comme Agnès, d'après ce découpage (après, les détails sont plus flous) (je me rappelle juste que nous avions des bouts de papier avec des syllabes (oui, en effet) avec "ma", "pa", ... et que nous les assemblions pour faire un mot).

    Et pour vous embêter encore :p , je n'ai pas l'impression que ce "m" soit "en suspension" vraiment. Cela vous choque-t-il par exemple de dire "régal" ?

    Oui, ça doit être comme ça qu'on apprend les choses il me semble :thumbsup:
     
  14. Betilie Junior Member

    Effectivement je ne le pense pas non plus ;)

    Je crois avoir appris de cette manière aussi:thumbsup:

    " Régal " me parait être un bon exemple...

    Régal écrit comme cela la manière normale de le prononcer est avec un "L" en suspension comme je dis, mais dans le verbe conjugué "régale" ce "L "n'est pas en suspension puisque suivi du "E".
    Vous ne prononcez pas régal et régale de la même façon non??

    Et pour en revenir aux syllabes, il me semble que régale en contient 1 de plus?!
     
  15. Betilie Junior Member

    Encore une fois ....complètement de cet avis :thumbsup::thumbsup::thumbsup:
     
  16. DearPrudence

    DearPrudence Dépêche Mod

    IdF
    French (lower Normandy)
    Pardon, je n'ai pas dû comprendre ce "en suspension".
    En tout cas, je prononce "régal" et "régale" de la même façon mais je ne ferais aucun commentaire là-dessus :D ;)

    Oui, je pense que dans votre contexte (apprendre à lire & d'autres je suppose), on va dire qu'il y a
    "régal" = 2 syllabes ré-gal
    "régale" = 3 syllabes ré-ga-le
     
  17. geostan

    geostan Senior Member

    English Canada
    Dans la prononciation courante, hippopotame ne compte que quatre syllabes.
    Dans un poème, le compte dépend de la place du mot. En finale ou suivi d'un mot à initiale vocalique, quatre syllabes; suivi d'un mot à initiale consonantique cinq syllabes.

    Je vois l'hippopotame. [4 syllabes]
    J'aime l'hippopotame et l'éléphant. [4 syllabes]
    Je vois l'hippopotame gris. [5 syllabes]

    Cheers!
     
  18. LeMoineau

    LeMoineau Junior Member

    Jura, Suisse
    Français, Suisse
    Bonjour,

    A mon avis, on peut très bien dire "l'hippopotam' gris"...

    En fait, pour moi, tout l'intérêt du E muet est de pouvoir l'utiliser ou non, particulièrement dans les poèmes... Démonstration avec un alexendrin :


    En vers de douzE pieds vous devrez vous comprendre

    Guère plus de douzE pieds pour ces ceux hémistiches.

    ou alors :
    GuèrE plus de douze pieds pour ces ceux hémistiches.

    en espérant que cela soit correct, ce qui l'est en mon âm
    e et conscience...



    m.
     
  19. acrital Senior Member

    france
    Hum… le problème n’est pas simple et les avis divergent suivant le domaine considéré (langage parlé ou poésie) ou même la localisation de l’intervenant (prononciations régionales etc…) :eek:

    Cependant, il me semble que l’on perd un peu de vue le problème de départ : il s’agit ici de l’apprentissage de la lecture et de celui de l’orthographe (les deux se faisant conjointement). Nul n’ignore que ces deux apprentissages sont très difficiles… en particulier en raison des différents « costumes » d’un même son et aussi du fait que ce que l’on écrit n’est pas toujours ce que l’on entend :eek:.

    Pour autant que je sache, il y a plusieurs méthodes d’enseignement et donc, sans doute, des façons différentes de compter les syllabes (je précise bien : dans le cadre de l’apprentissage lecture/orthographe)…
    …. à ce stade, il me semble plus important de faire confiance au professionnel (l’enseignant) plutôt que de se lancer dans ce genre de débat qui fait un peu « querelle de chapelle »… car, si l’on dit autre chose à l’enfant que ce qui lui est enseigné à l’école, on ne fera que semer la confusion dans son esprit et perturber son apprentissage (et peut-être gravement)....

    ... il me semble :)
     
  20. geostan

    geostan Senior Member

    English Canada
    Mais non pas dans un poème!
     
    Last edited: Jul 25, 2012
  21. erikalamaitresse New Member

    france french
    bonjour tt le monde !

    j'espère apporter un avis éclairé sur la question !

    Lorsque nous "tapons" les syllables à l'école (j'ai des grande section), en fait nous tapons les phonèmes, c'est-à-dire ce qu'on entend (parce que cette activité les aide à repérer que les mots sont faits d'unités distinctes). effectivement dans le sud ca peut-être différent. ca dépend de l'accent. Dans cette activité, ce qui compte, c'est ce qu'on prononce vraiment.
    exemple : GI-RAF

    plus tard, en passant à l'écrit, on introduit la notion de lettre muette, et là on décompose en syllabes différemment.
    exemple : GI-RA-FE

    sinon il est vrai que dans les poèmes, pour compter les pieds (syllabes), il y a un système bien codifié qui dit qu'une lettre muette à l'intérieur du vers est comptée, mais qu'une lettre muette en fin de vers peut ne pas se compter (ca c ce qui arrange le poète !)
    exemple : MAIS-QUI-SONT-CES-SER-PENTS-QUI-SIF-FLENT-SUR-VOS-TETES

    voilà voilà mon petit avis !

    a bientot
     
  22. emma42 Senior Member

    North East USA
    British English
    Bonsoir Erika et bienvenue sur le Forum!

    Personne n'a parlé au sujet de la prononciation de syllabes (je parle des syllabes à fin du mot) quand on voudrait dire avec emphase ce mot ou exprimer avec emphase une idée, ou quand on voudrait s'exprimer très clairement.

    Je ne sais pas si c'est clair. Mon français n'est pas bon aujourd'hui.
     
  23. cachalot Junior Member

    France and French
    Je suis d'accord
     
  24. geostan

    geostan Senior Member

    English Canada
    J'aurais dû ajouter que s'il s'agit d'un alexandrin, un e muet à la fin du premier hémistiche (6e syllabe) et du deuxième (12e) ne se prononce pas.
     
  25. Betilie Junior Member

    Voilà nous y sommes!!:)

    Je n'avais pas les bons mots pour m'expliquer mais votre explication me convient.

    Vous faites la différence entre PHONÈME et SYLLABE:cool:;

    Mon fils "tape" lui aussi les mots afin de les découper: GI-RAF, pour reprendre votre exemple, est tapé de la même façon ici, dans le sud, mais ce ne sont pas des syllabes, ce sont des phonèmes.

    Quand la maîtresse de mon fils, et mon fils avant elle, m'ont parlé du découpage du prénom Étienne, ils m'ont parlé de syllabe. Dans ce cas, je ne suis pas d'accord, Étienne contient 3 syllabes ( et 2 phonèmes.:thumbsup:)


    Je suis, dans le principe d'accord avec vous, remettre en question le travail du professeur n'est pas nécessairement bon, mais je n'ai pas non plus envie de le laisser faire n'importe quoi sous prétexte qu'il est prof.:eek:

    Mon rôle de parent c'est aussi d'apprendre à mon fils à réfléchir tout seul et lui donner d'autres avis, d'autres façons de faire les choses. (Sans contrecarré le professeur évidemment ;))
     
  26. OlivierG

    OlivierG Senior Member

    Toulouse, France
    France / Français
    Si la syllabisation est seulement liée à la phonétique, alors, selon la région, le e "muet" à la fin d'un mot peut être effectivement prononcé et constituer un phonème à part entière, ajoutant une syllabe au décompte indiqué dans les livres. Il suffit de voyager dans le sud de la France (et spécialement dans la région PACA) pour s'en rendre compte. Dans les livres, combien y a-t-il de syllabes à "peuchère", deux ou trois ? :)

    Par exemple, pendant ma scolarité, lorsque nous étudiions l'orhographe et les exceptions, l'instituteur a volontairement omis une page du manuel, qui disait les mots en -oir s'écrivent "oir" sauf "laboratoire", "écritoire" ...
    Cette règle n'avait absolument aucun sens pour nous, car la différence entre "un loir" et "la Loire" était parfaitement audible.

    L'instituteur aurait pu choisir de s'en tenir au manuel, et de nous faire apprendre la règle qui était écrite, mais il a préféré s'adapter à la prononciation locale, en nous en expliquant la raison. Je lui en suis reconnaissant.
     
  27. Betilie Junior Member

    Je suis moi même toulousaine et j'entends 3 syllabes dans "peuchère" :) J'imagine que tous les "E" se finissant les mots ne sont pas muets pour autant!! Et effectivement votre exemple vient étayer mes dires.
    Mais il doit bien exister une règle qui dit combien "tel mot" a de syllabe, je trouve énorme l'idée que cela puisse varier selon les accents. (c'est vrai que étant du sud, mes "e" ,diacritiques ou pas, sont prononcés:D (et pas de manière prononcée :rolleyes: pour les moqueurs )

    J'entends bien la différence entre "Loir" et "Loire" tout comme entre " régal" et "régale" :)p pour DearPrudence)


    Je pense que que Erikalamaitresse a bien résumé; Ma mère me disait souvent " un nom pour chaque chose, une chose pour un nom" (ce qui n'est pas tout à fait vrai je le sais bien mais c'est un autre débat ;)
     
    Last edited: Jul 25, 2012
  28. Francois114 Senior Member

    Sud-Ouest de la France
    French - France
    Ouf ! quel débat ! M'étant un peu occupé de tout ça, j'ajoute mon grain de sel... en espérant que ce ne sera pas de l'huile sur le feu (pensons à Etienne !)

    Il est clair que l'écrit est une représentation de l'oral, comme une carte postale par rapport au paysage réel. Mais il est aussi clair que l'écrit a sa logique propre, surtout dans une langue comme la nôtre où la correspondance entre sons et lettres est tout sauf logique et pratiquement jamais univoque. C'est pour cela que, quelle que soit la méthode utilisée, l'apprentissage de l'écrit doit s'appuyer sur un travail préalable par lequel l'enfant doit prendre conscience de ce qu'il fait quand il parle et une des difficultés est que l'enfant n'a pas naturellement conscience qu'il "fait" des syllabes. D'où l'utilité des comptines et autres jeux langagiers à la maternelle. (D'où aussi que certains linguistes contestent la notion même de syllabe... mais c'est une autre histoire). Dans ce premier temps de l'apprentissage, syllabe veut dire "sommet vocalique", c'est à dire élément de scansion.
    Je signale en passant que la scansion des vers classiques repose sur le fait qu'encore au 17ème siècle le "e" muet était perceptible "au nord" mais aussi que le vers français n'est pas autant qu'on le croit centré sur le comptage des "pieds" mais sur leur longueur relative : une syllabe fermée, comme la dernière de "hippopotame" est toujours plus longue (/ta:m/) qu'une syllabe ouverte et c'est sur cela que repose la distinction classique entre rimes masculines (brèves, ouvertes) et féminines (longues, fermées). Enfin, sur ce sujet, tous les comédiens savent qu'il y a des vers faux dans Corneille et qu'une "tricherie" sur la longueur des syllabes leur permet de rétablir l'alexandrin.

    Je reviens à l'enfant qui apprend à lire. Lire, c'est reconnaître dans un symbole conventionnel (l'orthographe) ce qu'on connait déjà (les mots que l'enfant utilise ou entend tous les jours), puis, à partir du moment où on a acquis une grande habileté, à découvrir des mots qu'on ne connait pas (avec une possibilité d'erreur). N'oublions pas non plus qu'on ne lit pas des mots mais des phrases qui ont, si possible (!), du sens. C'est-à-dire qu'on "reconnait" quelque chose qu'on aurait pu dire soi-même (la petite voix intérieure qui lit dans votre tête !) Il est donc logique que ce qui prime soit la forme orale du mot et de la phrase. C'est sur ce postulat élémentaire que repose l'accent mis sur les réalités orales comme préparation à l'apprentissage de la lecture. La maîtresse d'Etienne a été formée à ça et pourvu qu'elle ait le doigté nécessaire pour l'appliquer dans la réalité de sa classe, on ne peut pas le lui reprocher.

    Une autre difficulté vient s'ajouter : ce code conventionnel qu'on appelle l'orthographe est national alors que l'oral est largement différencié selon les régions. Etienne a deux ou trois "sommets vocaliques" dans son prénom selon qu'il est né au nord ou au sud, pour simplifier grossièrement. Si les instructions ministérielles (réalité typiquement française) sont appliquées aveuglément, on voit où ça peut conduire. Du côté de l'écrit, également, un manque de prudence dans le maniement des notions peut mener au pire. Si on applique bêtement la notion de syllabe écrite, le prénom "Etienne" devient un vrai monstre : E-TI-EN-NE. Tout le monde reconnaît que ce n'est pas soutenable.

    Tout ce grand discours pour dire que je suis pleinement d'accord avec Acrital : c'est l'harmonie dans la relation instituteur / enfant / parent qui compte, chacun avec sa responsabilité et sa compétence. Dans le cas d'Etienne, et à travers ce que nous en dit Betilie, je n'ai pas l'impression qu'il faille être inquiet. Mais il ne faudrait pas non plus qu'il pâtisse d'un désaccord trop profond entre sa maîtresse et sa maman !

    François
     
  29. SwissPete

    SwissPete Senior Member

    94044 USA
    Français (CH), AE (California)
    Il me semble que le nombre de syllabes n’a rien à voir avec la prononciation. C’est en tous cas ce que j’ai appris à l’école en Suisse, il y a maintenant plus de 60 ans !
    Si vous vous fiez à Word pour déterminer le nombre de syllabes dans « hippopotame », vous découvrirez qu’il en a quatre : hip-po-po-tame (ce qui m’étonne, j’aurais choisi hip-po-po-ta-me »).
     
  30. Nraot New Member

    français – Belgique
    (Je suis d'accord avec SwissPete ci-dessus.)

    La discussion date, mais je rebondis sur un élément:
    Cela ne devient-il pas soutenable lorsque Étienne est trop long en fin de phrase et que survient la césure ?...
     
  31. geostan

    geostan Senior Member

    English Canada
    Je n'y vois que trois syllabes en fin de vers : É tien ne
     
  32. Maître Capello

    Maître Capello Mod et ratures

    Suisse romande
    French – Switzerland
    Il convient de distinguer syllabes orales et syllabes écrites. À l'oral, il n'y a normalement que deux syllabes (É-tienne), mais en poésie ou dans une chanson, la syllabation est différente et on peut faire la diérèse (É-ti-enne) pour avoir le nombre de pieds souhaités.

    Quant à la fin du mot (enne) en syllabation écrite, elle ne se divise en e-nne que si le e final est sonore, donc uniquement devant une syllabe commençant par une consonne (É-tie-nne-dort, mais É-tienn'-a-ttend) et par conséquent en aucun cas en fin de vers.
     
  33. coeurange1380 New Member

    français
    Bonjour, je suis d'accord avec betilie. Car il y a bien 5 syllabes! Même à l'orale on en compte bien 5. car on ne peut pas prononcer "tame" en une seule fois. Car on dit "ta" en ouvrant la bouche et "me" en refermant la bouche, ce qui nous laisse croire qu'on le dit en une seule fois. Les syllabes sont la décomposition des mots ou phrase ou autre... après il se peut qu'on fait la liaison. Les syllabes c'est épeler un mots ( ou les mots d'une phrase ou autre ) en exagérant. Les syllabes n'ont rien à voir avec la prononciation. Ce n'est pas parce que dans hippopotame il y a cinq syllabes que vous allez le prononçait hi po po ta me. Pour savoir si il y a 5 ou 4 syllabes, il suffit de dire que vous parlez à une personne qui est malentendante. Beh vous direz hi po po ta me. Et cette personne vous le répétera pour voir si elle a bien compris, et vous dira hippopotame et non hippopotameuh. Moi même malentendant. je sais de quoi je parle. ( bcp de personne pense qu'un personne malentendante est une personne qui entend moins fort! Vrai mais il n'y a pas que ça. Il y a certain son ou bruit qu'on entend pas comme pour moi les sons aigu. Après c'est aussi confondre les sons. Et dans ce cas la le prononcement des syllabes est très important... Voilà voilou humm
     
  34. The Broken Rib Inn Senior Member

    Rouen
    français - France
    Certainement pas ! Non seulement on peut prononcer "tame" (de "hippopotame", par exemple) en une seule fois, mais en plus c'est ce que l'on fait. Ne vous a-t-on jamais dit qu'on ne prononçait pas les "e" muets en fin de mot, sauf si le mot suivant commence par une consonne ? D'ailleurs, retirez le "e" à "-tame", et vous verrez que cela se prononce de la même manière.
    De plus, vous avancez comme argument qu'il y a deux syllabes parce qu'on ferme la bouche. Mais vous êtes-vous rendu compte que c'est ainsi que nous prononçons la lettre "m" ?
    Vous l'aurez compris, je pense vraiment que le mot "hippopotame" n'a que 4 syllabes, et pas 5.
     
  35. Nanon

    Nanon Senior Member

    Entre Paris et Lisbonne
    français (France)
    TBRI, on repart au début de la conversation : 4 ou 5 syllabes lorsqu'il s'agit du mot isolé (compte non tenu de la place dans la phrase), c'est selon qui parle. On aura tendance à enseigner qu'il y en a 4, mais demandez, par exemple, à un Marseillais de prononcer ce mot : vous risquerez d'en entendre 5.

    Quel dommage que ne me souvienne plus du tout de la façon dont la maîtresse résolvait cette contradiction quand j'étais petite. Elle avait un accent marseillais bon teint. Mais comme je savais déjà lire, je n'ai pas dû faire attention à ses explications... :p
     
  36. The Broken Rib Inn Senior Member

    Rouen
    français - France
    Plutôt que de se référer à un Marseillais ou à un Parisien, et ainsi établir un tas de règles qui se contredisent toutes, peut-être faudrait-il se référer à la prononciation standard ? celle que l'on trouve dans les dictionnaires, par exemple. Alors, vous ne trouverez jamais [ipɔpɔtamə].
     
  37. Viobi

    Viobi Senior Member

    Paris, France
    Françoué (standard)

    Entièrement d'accord. Une syllabe phonétique comprend automatiquement un groupe vocalique. Si le E muet final n'est pas prononcé (et il ne l'est pas en français "standard", même s'il l'est souvent dans le Sud, où on l'entend presque comme le "eu" de "beurre"), il n'y a que quatre syllabes dans "hippopotame", la dernière est "tam", la seul voyelle est le a.
    De même, hors accent méridional caractérisé, il n'y a que trois syllabes dans "confiture". Si "ouvre-boîtes" en compte trois, c'est seulement parce qu'il est difficile d'articuler /vrbwa/.
    Dans "L'hippopotame traverse la ruelle.", il y a donc en principe neuf syllabes (4, 2, 1, 2).

    La métrique peut dans un poème justifier la prononciation d'un E muet, comme créer un hiatus qui n'existe pas dans la langue normale, ou d'ailleurs en supprimer (l'exemple le plus célèbre est peut-être la graphie "encor'".

    Allez, un peu de Verlaine :)

    Les sanglots longs (4) /Des violons (4, avec vi-o-lons)/ De l'automne (3) / Blessent mon coeur (4, avec blè-seu)/ D'une langueur (4 avec du-neu) / Monotone. (3)

    Et ça continue sur les deux strophes suivantes (la 3e est sans entourloupe phonétique) (4) / (4, avec blè-meu) / (3, avec so-neu) / (4) / (4) / (3) ; (4)/ (4) / (3) / (4) / (4) /
    (3)
     
    Last edited: Aug 14, 2012

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