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tirer un seul fil là où l'on voit un écheveau

Discussion in 'Français Seulement' started by simenon, May 10, 2013.

  1. simenon Senior Member

    italien
    Bonjour. Dans un dialogue entre un matématicien et un ami, il y a une réplique que je ne comprends pas. Le matématicien vient de dire qu'il ne se consacre désormais qu'à la philosophie, qu'il s'interesse à la phénoménologie de Husserl et à ses traveaux sur la perception. L'ami alors lui demande: "Les matémathiques vous ennuient-elles?" Et il répond: "Je tire un seul fil là où vous voyaiz un écheveau. J'ai l'ambition de trouver un fondement axiomatique à la métaphysique."
    Quel est le sens des mots en gras? S'agit-il d'une expression figé (je n'arrive pas à la trouver dans le dictionnaire)?
    Merci.
     
  2. janpol

    janpol Senior Member

    France
    France - français
    Non, ce n'est pas une expression figée. Ce mathématicien ne s'intéresse plus aux mathématiques, dit-il, pourtant il a des ambitions dans le domaine de la logique axiomatique qui est au centre de la recherche mathématique actuelle. La phrase en gras doit signifier que l'ami du mathématicien a le sentiment d'être en face d'un écheveau inextricable de concepts et de propositions lorsqu'il se penche sur une question de logique ou de métaphysique alors que lui, le mathématicien, y voit un système ordonné, hiérarchisé et cohérent d'où il extrait une seule proposition qui, par une succession de raisonnements logiques, le mènera à toutes les autres.
     
  3. simenon Senior Member

    italien
    Merci janpol. Je ne suis pas encore sûre de comprendre. On pourrait dire qu'il affirme que ce que l'ami voit comme un écheveau pour lui n'est qu'un seul fil à suivre?
     
  4. janpol

    janpol Senior Member

    France
    France - français
    Celui qui n'est pas habitué à raisonner logiquement voit un écheveau de fils, il ne sait pas lequel saisir en premier et il sera plongé dans la même incertitude en ce qui concerne les suivants. Le mathématicien, au contraire, verra là un ensemble de fils bien rangés, il tirera le bon fil qui sera relié à un second qui entretient un lien logique avec le premier et ainsi de suite (par exemple un fait qui se produit peut entraîner une conséquence qui devient la cause d'un fait nouveau qui devient à son tour la cause d'un fait nouveau etc... On peut ordonner ainsi tout un ensemble de faits qui semblait incohérent au premier abord). Voilà ce que je crois comprendre là...
     
  5. simenon Senior Member

    italien
    Merci janpol, mais je n'arrive à bien comprendre le lien entre la réponse et la question qui la précède. La réponse devrait faire allusion au rapport entre mathématiques et philosophie. Car on vient de lui dire que, puisqu'il dit qu'il ne s'interesse qu'à la philosophie, évidemment les mathématiques (son domaine d'étude) l'ont ennuyé. Il répond quelque chose qui devrait signifier "tu te trompes, tu voit les choses d'une façon trompeuse". Peut-être (je interprète votre première réponse) il veut dire que les maths et la philosophie ne sont pas si différentes comme il pourrait sembler, car la philosophie aussi n'est pa un écheveau mais elle est ordonnée comme les maths? Ou bien il veut dire que l'autre voit la connaissance comme un écheveau de disciplines confuses, alors qu'elles (dans ce cas les mathe et la philosophie) sont liées par des liens logiques etc?
     
  6. snarkhunter

    snarkhunter Senior Member

    France, Région parisienne
    French - France
    Je dois dire que je suis loin de partager l'interprétation de janpol sur ce sujet. Je pense que ce qui s'oppose ici, c'est la relative "simplicité" de la philosophie (qui consiste en une recherche homogène de la "Vérité" à travers cet "amour de la sagesse" que la discipline constitue - par une démarche à la fois rigoureuse et uniforme) et la "complexité" des mathématiques, qui comportent de nombreux domaines imposant autant de systèmes de perception et de réflexion.
     
  7. simenon Senior Member

    italien
    Merci Snark, mais là aussi je n'arrive pas à voir le lien entre cette opposition et le reste du dialogue.
     
  8. snarkhunter

    snarkhunter Senior Member

    France, Région parisienne
    French - France
    Moi, je le vois pourtant assez bien !
    Je pense que, du point de vue de ce mathématicien-devenu-philosophe, la finalité des mathématiques est peut-être comparable (en un certain sens) à celle de la philosophie, avec un but commun qui serait en quelque sorte de nature métaphysique. Sauf que la philosophie proposerait une démarche ou un champ de recherche simplifié ("un seul fil") par rapport aux mathématiques ("un écheveau"), pour aboutir à un résultat analogue, de son propre point de vue.

    C'est en tout cas ainsi que je le comprends...
     
  9. simenon Senior Member

    italien
    Merci, maintenant je comprends mieux cette interpretation. Quant au but, oui, moi aussi je crois qu'il pense que c'est commun et de nature métaphysique. Donc je crois que je suivrai cette idée même s'il y a encore quelque chose qui m'échappe.
     
  10. simenon Senior Member

    italien
    J'ai un doute. Je me demande si le sens ne soit correspondant mais contraire à celui que snarkhunter indique. C'est-à-dire, il se pourrait que les mathématiques soyent vues, par les gens communs, comme quelques chose de très cohérent (un fil) tandis que la philosophie soit considérée comme un écheveau car elle n'est pas objective et donc elle est vue comme un ensemble caotique d'hypothese. En ce cas le matématicien voudrait dire que, à son avis, la philosophie est elle aussi cohérent et objective comme les mathématiques (il veut lui trouver un fondement axiomatique) et donc les deux disciplines sont lies (un seul fil) car elles sont toutes les deux le miroir d'une réalité objective métaphysique. Qu'est-ce que vous en pensez?
     

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