ayant dû rester chez eux, un événement les força - anacoluthe

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TristánFarias

Senior Member
Español
Bonjour à tous !

Ayant dû rester chez eux, un événement imprévu les força à quitter leur taudis.

Cette phrase est correcte, ou est-ce qu'il faut que le participe passé composé ayant dû ait le même sujet que la principale ?

Mille mercis, comme toujours !
 
  • Piotr Ivanovitch

    Senior Member
    Français
    Bonjour,

    la règle - selon laquelle le sujet de la principale doit être le même que celui de l'incise - s'applique au passé comme au présent :
    - Ayant dû rester chez eux, un événement imprévu les força à quitter leur taudis. :cross:
    - Devant rester chez eux, un événement imprévu les força à quitter leur taudis. :cross:

    - Ayant dû rester chez eux, ils furent forcés par un imprévu à quitter leur taudis. :tick:
    - Devant rester chez eux, ils furent forcés par un imprévu à quitter leur taudis. :tick:
     

    Bezoard

    Senior Member
    French - France
    Si l'on n'applique pas cette règle, c'est une anacoluthe, et selon les cas, elle est plus ou moins bien vue. Toujours mal vue quand elle est ambiguë, souvent bien vue quand elle est née de la plume d'un grand auteur ! En l'occurrence, votre anacoluthe n'est pas ambiguë et serait tout à fait admissible, si vous étiez plus connu !
     

    SergueiL

    Senior Member
    Français
    Tout autant que son ambiguïté ou que la notoriété de son auteur, c’est sa pertinence qui détermine la qualité d’une anacoluthe. En d’autres termes : quel surcroît d’expression, quel effet rhétorique bénéfique apporte-elle comparativement à une construction plus classique ?
     

    TristánFarias

    Senior Member
    Español
    Je suis d'accord avec Bezoard. L'anacoluthe est bien souvent une figure de style qui s'adapte le mieux aux fluctuations imprévisibles de la pensée. D'ailleurs, je voulais savoir, en posant cette question, ce que vous alliez me dire spontanément, sans idées preconçues, sur ce type de construction. J'avais trouvé cette phrase dans un livre d'André Suarès :

    « Telle était la tendresse de ces deux jeunes hommes, qu'ayant dû s'opposer presque en tout, l'accord souverain des cœurs en faisait une harmonie parfaite. »

    D'après moi, il y aura toujours une tension entre les structures dites classiques, de manuel, étudiées presque taxonomiquement par les grammairiens, et les idées auxquelles elles doivent donner une forme sensible. Entre ces deux « forces », à géométrie variable, se trouve le style d'un auteur.

    Si on lit les poèmes de Paul Claudel, on en trouvera des exemples frappants.
     
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