C'était manière de penser

gvergara

Senior Member
Español
Salut :

Pourquoi n'a-t-on pas mis d'article avant manière ? C'est une expression figée ? La seule expression semblable ( figée, à ce qu'il me semble ) que j'ai trouvée est C'est manière de parler, dont la signification ne convient pas dans cette phrase, selon moi. Merci

Il ne pensait pas sérieusement que Julie viendrait l'achever. C'était manière de ne pas penser à Berthold.
De " La petite marchande de prose " par Daniel Pennac

GỠnzal
 
  • Punky Zoé

    Senior Member
    Pau
    France - français
    L'expression usuelle c'est "manière de + infinitif", n'importe quel infinitif, comme indiqué dans le Trésor :

    " − Manière de + inf. Manière de s'habiller, d'opérer, de procéder, de sentir, de travailler, de voir. Les armes dont je parle sont les formes de penser, les façons de vivre, les manières d'espérer (J.-R. Bloch, Dest. du S., 1931, p. 28). Les paysans doivent transformer totalement leur manière de produire et de vivre afin de faire face aux problèmes du monde moderne (Cacérès, Hist. éduc. pop., 1964, p. 165). V. affirmatif ex. 8: 2. Elle avait une si drôle de manière de parler, de raconter, de rire, de comprendre et de ne pas comprendre, de lever les yeux pour m'interroger, (...) de cesser de dessiner pour deviner, de se remettre au travail et de dire «yes» ou «no», que je serais demeuré un temps indéfini à l'écouter et à la regarder.
    Maupass., Contes et nouv., t. 1, Épave, 1886, p. 722.


    Manière d'être. V. être II A 2.

    Manière de faire. Démarche, procédé. Je vous mets en garde contre une telle manière de faire de nos alliés américains et anglais (De Gaulle, Mém. guerre, 1954, p. 603). Durkheim écrit: «Est fait social toute manière de faire, fixée ou non, susceptible d'exercer sur l'individu une contrainte extérieure» (Traité sociol., 1968, p. 401): 3. Hollandais et Japonais pratiquaient cette manière de faire, mais les artistes rouennais créèrent, en utilisant le procédé, le décor rayonnant régulier et minutieux: en cela, ils montrent une indiscutable originalité.
    G. Fontaine, Céram. fr., 1965, p. 41.



    Voilà, c'était manière de te répondre GÖnzalÖ.
     

    Anne345

    Senior Member
    France
    Gonzalo, et ses questions qui tuent...

    L'absence d'aricle dans "c'était manière de penser" s'explique pas le fait qu'on ne détermine pas le mot "manière", ce n'est pas "une manière de penser", ni "la manière de penser", (là il faudrait préciser laquelle : la manière de penser de Jean). On ne s'intéresse qu'aux propriétés du nom.
    Jean est médecin # Jean est un médecin .
    Cette construction est fréquent avec "il y a", et avec "être" assez fréquente quand on parle de personnes, plus rare quand on parle de notion abstraite, exceptionnelle quand on parle d'objets.

    Là, c'est ma manière de répondre.
     

    LV4-26

    Senior Member
    A moins que j'aie lu les posts précédents trop vite, il me semble que j'ai une opinion légèrement différente de celles qui ont été émises jusqu'ici. Pour moi, tu as raison de soupçonner une expression figée.

    Tu as également raison de la rapprocher de "c'est manière de parler", même si, en effet, elle n'est pas employée ici dans son sens le plus courant.

    Ici, je pense que Pennac emploie "c'était manière de..." là où d'autres (dont moi-même) utiliseraient "c'était histoire de..."
    Je pense que l'un et l'autre sont possibles mais manière (avec cette valeur de but et dans cette construction précise) est sans doute beaucoup moins fréquent. Les deux appartiennent au registre populaire.

    Une autre façon de dire la même chose serait
    C'était pour ne pas penser à Berthold....tout simplement.
    Ce serait sans doute plus "correct", mais cela perdrait en saveur.
     
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