déposer une plainte à/auprès de la police

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roquette

Senior Member
Español - España
Bonjour,
Est-ce qu'on pourrait dire en français "Je vais déposer une plainte à la police" en tant que synonyme de "Je vais déposer une plainte auprès de la police"?
Merci encore
 
  • SergueiL

    Senior Member
    Français
    Dans le cas de la police, en France, on n'utilise pas vraiment "auprès de" pour un dépôt de plainte alors qu'on peut le dire pour le tribunal : "déposer une plainte auprès du tribunal". Il y a sûrement une explication à cela.
    Je vous conseille de conserver "déposer (une) plainte à la police".
    Il existe aussi "porter plainte".
     

    OLN

    Senior Member
    French - France, ♀
    "Aller à la police" ou "faire quelque chose à la police" ne sonnent pas bien à mon avis.

    Plus simple : déposer une plainte au commissariat de police (c'est l'endroit où l'on se rend, comme la gendarmerie)
     

    mag.g

    New Member
    french-france
    La différence entre les deux phrases est plutôt dans le registre de langue. "à la police" peut très bien être entendu, mais a une connotation sociale, implique un faible niveau de maitrise de la langue. Donc, on ne l'écrira pas.
    Par exemple, ma grand-mère peut très bien dire qu'elle va porter plainte à la police (au lieu de "au commissariat", mais elle va aussi "au coiffeur" (au lieu de "chez le coiffeur"). :)
     

    SergueiL

    Senior Member
    Français
    Sauf erreur, on parle dans cette discussion de ce qu'on dit davantage que de ce qu'on écrit.
    J'ajoute que si "à la police" est avant tout employé à l'oral, cela n'en fait pas une tournure d'un "faible niveau de maitrise de la langue".
     

    mag.g

    New Member
    french-france
    Porter plainte à la police, c'est très français, monter en haut, c'est très français. Mais jamais je ne l'écrirai, j'espère. et zut, raté :( )
    Ca me titille de le voir écrit, comme OLN. Oui, bon, aller au coiffeur, ça me défrise...mauvaise comparaison. On n'a pas la langue "policée" quand on parle, ahah. Désolée.
     

    Logospreference-1

    Senior Member
    français
    Ce qui me défrise, moi, c'est quand j'entends que bien parler ou bien écrire consisterait à appliquer une norme, à plus forte raison quand ladite norme est, sur tel ou tel point, manifestement devenue caduque.

    La norme a dit qu'il fallait dire aller chez le coiffeur ou chez le médecin. Cela se comprenait lorsque le salon de coiffure était une partie de la maison - du lieu d'habitation -, du coiffeur ou lorsque le cabinet médical était toujours ou presque toujours une partie de la maison ou de l'appartement du médecin. On peut encore comprendre aller chez untel quand son commerce est assimilé à une maison, ce qui est le cas par exemple pour les restaurants et les cafés. Combien de salons de coiffure de nos jours sont-ils au domicile du coiffeur ? Parle-t-on communément d'une « maison » pour désigner un salon de coiffure ? Appliquer aujourd'hui une norme de 1850 ou de 1900, cela ne s'appelle pas à mon sens du bon français mais, avec la plus grande indulgence, un archaïsme.

    Dans le cas qui nous occupe, à la question de savoir où la personne a-t-elle porté plainte il n'est que deux réponses correctes possibles : à la police - depuis quand le raccourci on ne peut plus commun « à la police » serait-il devenu incorrect ? -, ou mieux, à mon avis aussi, car plus exact, mais moins direct, plus long : au commissariat de police.

    On peut néanmoins estimer que la meilleure question n'est pas de savoir nous portons plainte mais auprès de qui. Or ici il y a des usages, des traditions : auprès du procureur, personnage éminent, un notable, envers qui nous avons l'habitude de marquer un respect particulier. Auprès du commissaire de police, auprès d'un inspecteur de police, auprès d'un agent de police ? Humblement je ne sais pas répondre, je ne connais pas assez les usages ; personnellement je dirais plutôt devant, s'agissant d'un inspecteur ou d'un agent, et auprès s'il s'agit du commissaire en personne, sans savoir si je tombe juste : on ne sait pas toujours, surtout à l'oral. Devant ces approximations, j'ai tendance à trouver à la police très commode, et je préférerai toujours une langue commode, fût-elle imparfaite, à une langue incommode, fût-elle parfaite.
     
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    SergueiL

    Senior Member
    Français
    Je suis d'accord avec ONL et mag.g.: "déposer plainte à la police" me paraît grammaticalement incorrect.
    Je ne vois pas où se loge l'incorrection grammaticale. Cette tournure peut être jugée comme étant parfois un peu relâchée mais elle n'est pas du même acabit que "monter en haut" (pléonasme) ou "aller au coiffeur" (parler populaire - et sur ce point je partage les interrogations de Logospreference-1).
    La métonymie "à la police" pour "au commissariat de police" ou "au poste de police" me semble parfaitement légale et de plus cette forme peut aussi exprimer le fait qu'on va saisir l'institution nommée "police" (et pour ce faire on ira au commissariat).
     

    Nanon

    Senior Member
    français (France)
    Pour une raison qui m'échappe, on dit chez les flics pour dire familièrement au commissariat, mais on ne dit pas chez les policiers. Pourtant, chez les policiers serait grammaticalement correct, s'agissant de personnes physiques. De surcroît, on utilise aussi chez les gendarmes pour dire à la gendarmerie. Il faut donc faire la différence entre la correction grammaticale et ce qui relève de l'usage.
    @SergueiL : la métonymie n'est pas du domaine de la loi (mais bon, ne pinaillons pas... :p)
     

    Logospreference-1

    Senior Member
    français
    Quand nous disons que nous portons plainte à la gendarmerie, nous désignons à la fois le lieu où nous portons plainte et le destinataire, ou le receveur, de la plainte, ou l'institution, en effet. Je suis donc d'accord avec SergueiL quand il remarque que à la police dans porter plainte à la police désigne à la fois le lieu et l'institution. Souvent, sur les lieux-mêmes ou sur les panneaux qui indiquent la direction, il y a d'ailleurs écrit « police » tout court.

    De la même manière devant le lieu où l'on nous coupe les cheveux il est souvent seulement écrit « coiffeur », ceci parce que le substantif tiré de coiffeur pour désigner le lieu où il exerce n'existe pas. Quelquefois on écrit coiffure, qui désigne normalement l'activité, mais avec la même approximation. Il est vrai qu'on ne dit pas à la coiffure, et que au coiffeur ne devrait pas valoir mieux. Mais les usages populaires en ont décidé autrement. Même topo pour le médecin, le docteur, le dentiste, l'oculiste, l'avocat, et beaucoup d'autres. On peut préférer dire chez sans s'occuper de savoir si c'est également le domicile, mais en réalité c'est alors le même degré d'approximation. Si l'on me dit que l'usage ou la convention préfère chez, je marche ; si l'on m'invoque la norme, je ne marche plus. Je parle bien ici des cas où l'approximation est du même degré. Alors ensuite, nous sommes tous habitués aux écarts traditionnels, souvent sympathiques, entre le parler populaire et la convention : nous savons tous gérer, on ne fait que ça.

    Je confirme donc que la formulation porter plainte à la police, si elle relève d'une certaine approximation, ne me paraît à moi non plus nullement fautive, et que s'il y a faute dans aller au coiffeur elle n'est que par rapport à la convention ou à l'usage adopté par l'Académie, l'école, les grammairiens : elle ne me paraît pas, à la réflexion, devoir nous hérisser, je n'y vois pas une faute contre la langue.
     
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