de lui/d'elle / en - pour une personne, un animal, une chose

Carrie2

Senior Member
English, UK
Bonjours à tous. Je reviens avec une autre question. :)

Ça concerne un épisode du programme Frasier. Je ne sais pas c'est un programme bien connu en France, mais en tout cas dans le premier épisode Frasier et son frère Niles parlent de leur père, qui a été blessé et ne peut plus habiter tout seul. Ils mentionnent plusieurs possibilités, par exemple une maison de retraite, et puis Niles dit à Frasier: "En tout cas, toi, tu ne peux pas t'en occuper." Cela me confond parce je pensais toujours que "en" ne s'utilisait que pour les sustantifs inanimés, pas pour les personnes. Ce n'est pas le cas?? Je ne me fie pas beaucoup de ce que j'ai entendu dans le programme parce que c'est une traduction (de l'anglais).

Si j'ai fait des erreurs ici, je serais très reconnaissante si on me les indiquait. Merci. :)

Note des modérateurs : Plusieurs fils ont été fusionnés pour créer celui-ci.
 
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  • CapnPrep

    Senior Member
    AmE
    […]

    C'est vrai que le bon usage veut que les pronoms "y" et "en" ne se référent jamais (à quelques exceptions près) à des personnes. Mais en réalité cela arrive très souvent, quand on parle dans un style familier.
     
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    kyu

    Member
    France, French
    Hola Carrie,

    Tu as raison. Le pronom en est utilisé principalement pour les substantifs inanimés ou animés non humains. Mais, de façon plus rare, il peut se référer à un animé humain.

    Cependant, dans ton cas, je dirais que la phrase peut se comprendre de cette façon :
    tu ne peux pas t'en occuper = tu ne peux pas t'occuper de cette affaire...

    Si on voulait parler du père, il serait plus juste de dire :
    tu ne peux pas t'occuper de lui.
     

    Artigh

    Member
    Türkçe
    Salut à tous. un ami m'a demandé si on pouvait remplacer une personne dans une phrase par le pronom "en".

    genre:

    -As-tu besoin de tes parents?

    -Oui j'en ai besoin.

    ou bien

    -Oui j'ai besoin d'eux.


    moi je dirais que c'est la deuxième réponse, mais je n'en suis pas sur.

    Que dites-vous?
     

    GUATAPÉ

    Senior Member
    Si l'on dit:
    - "Nous nous sommes approchées de lui", alors on peut dire:
    - "Nous nous en sommes approchées."
    Ça est vrai ou faux? pour quoi?
    Merci en avant.
     
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    TitTornade

    Senior Member
    Normalement en remplace des inanimés.
    Ex : Nous nous sommes approchées de la maison -> nous nous en sommes approchées.

    Pour les animés, on ne l'utilise normalement pas.
    Ex : nous nous sommes approchées de notre ami -> nous nous sommes approchées de lui.

    Mais je pense que le en peut tout de même remplacer parfois des animés comme dans votre exemple. Pour moi, ça sonne un peu bizarre cependant.
     
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    geostan

    Senior Member
    English Canada
    Selon le Dictionnaire des Difficultés du Français dans la série de livres du Grand Robert, pour les deux phrases suivantes:

    Cette fille, j'en suis amoureux. Cette fille je suis amoureux d'elle.

    l'usage est hésitant, l'une étant aussi courante que l'autre. Toutefois, il vaut mieux employer d'elle. D'autres livres ajoutent que cet emploi de en est à déconseiller. Par contre, en est admis pour éviter la répétition du pronom personnel comme dans l'exemple suivant:

    Il admire son cousin. Il parle de lui sans cesse et il en fait grand cas.

    Lorsqu'il est question de groupes de gens non-spécifiques, on emploie normalement en.

    Y a-t-il des Indiens en Colombie-Britannique? - Oui, j'en ai vu beaucoup.
     

    nasti

    Senior Member
    Polish
    Bonjour :)

    Comment replace-t-on "Marie" dans la phrase :

    Je me souviens de Marie.

    Moi, j'aurais écrit :

    Je me souviens d'elle.

    Par contre, dans les corrigés (c'est une phrase d'un manuel) on donne la réponse :

    Je m'en souviens.

    Pourriez-vous confirmer si c'est bien ça la réponse ?

    Merci!!!! :)
     

    xmarabout

    Senior Member
    French - Belgium
    Les deux réponses sont correctes en français.

    Il faudrait voir l'énoncé de l'exercice.
     

    Me-K

    Banned
    french
    […]

    Je m'en souviens est neutre, sans marquer de lien particulier entre Je et Marie.
    Mais s'il y a un lien particulier que le locuteur veut marquer, il dira: Je me souviens d'elle.

    Je suppose que le manuel aura opté par défaut pour la solution neutre.
     
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    nasti

    Senior Member
    Polish
    Merci beaucoup xmarabout et Me-K ! :)

    Mais alors... Ca devient très compliqué!

    Les phrases modèles des manuels, ce sont par exemple :

    Je m'occupe des enfants. Je m'occupe d'eux.
    Je m'occupe de la cuisine. Je m'en occupe.

    Pourrait-on dire aussi :

    Je m'occupe des enfants. Je m'en occupe
    ???

    Ou bien c'est le cas du verbe "se souvenir de" qui serait si spécial ?
     

    Me-K

    Banned
    french
    Non, ici, c'est la cuisine qui est particulière: on marque plus facilement son lien avec les enfants qu'avec la cuisine. Si tu comprends très bien, ce n'est pas compliqué. Dans les manuels, il est normal qu'ils choisissent les situations ou les cas les plus habituels ou les plus neutres.

    S'agissant d'une cuisine dans laquelle on est en train de faire des travaux pour la rendre très belle, l'on dirait plus facilement moins difficilement je m'occupe d'elle.
     
    Last edited:

    xmarabout

    Senior Member
    French - Belgium
    Pour compléter ce que Me-K dit et répondre directement à la question: pour les enfants, on peut effectivement dire: je m'en occupe C'est tout à fait français et compréhensible... Belle langue française... Complexe et pleine d'exceptions !!!
     

    geostan

    Senior Member
    English Canada
    Pour un groupe l'emploi du pronom en me semble plus acceptable que pour un individu spécifique.

    Je m'occupe des enfants. Je m'en occupe. (Mais on pourrait dire aussi Je m'occupe d'eux.)

    Quant à je me souviens de Marie, je dirais normalement je me souviens d'elle.

    Ce que je trouve bizarre, c'est qu'un manuel de français (langue étrangère) opterait pour en dans le cas cité. S'agit-il d'un cours supérieur de français? Sinon, le choix du corrigé ne s'explique pas.:confused:
     

    manialf

    Member
    German - Germany
    Dans mon livre de grammaire (PONS) j'ai trouvé la règle que "en" ne peut pas substituer une personne, seulement des objets.....
     

    Chimel

    Senior Member
    Français
    Pour un groupe l'emploi du pronom en me semble plus acceptable que pour un individu spécifique.
    Je m'occupe des enfants. Je m'en occupe. (Mais on pourrait dire aussi Je m'occupe d'eux.)
    Quant à je me souviens de Marie, je dirais normalement je me souviens d'elle.
    Je suis tout à fait d'accord avec toi.

    Ce qui se passe parfois, dans la vie courante, ce sont des situations telles que:
    - Tu te souviens de Marie, avec qui on avait passé de si chouettes vacances en 1998?
    - Oui, je m'en souviens très bien.
    Dans ce cas, l'association "Marie/souvenir des vacances" peut faire qu'on utilise le pronom "en" pour les désigner globalement, en quelque sorte (alors que grammaticalement, le seul complément est "Marie").

    Mais si la question porte uniquement sur la personne elle-même, il me semble que je dirais toujours:
    - Tu te souviens de Marie?
    - Oui, je me souviens très bien d'elle.
    "Je m'en souviens" me donnerait l'impression de réduire la personne à une chose.
     

    Me-K

    Banned
    french
    Je ne me souvenais plus de cette règle ( --> je ne m'en souvenais plus). Je pense que la langue orale le dit maintenant d'une personne sans choquer personne. Ça peut dépendre des régions du monde. En France certainement prime-t-on encore l'usage du pronom. Constate-t-on la même évolution dans la littérature, je ne sais.

    Cela dépend encore du verbe. Se souvenir pousse à marquer le lien avec la personne. Mais je suis pleinement d'accord avec Xmarabout et Geostan: les enfants, je m'en occupe se dit très facilement. A cause du groupe? Peut-être, puisqu'on est moins porté à marquer le lien avec plusieurs personnes qu'avec une seule.

    On continue de dire, si une personne est malade, je m'occupe d'elle / de lui, c'est certain.

    En langue orale, on peut dire Marie, je m'en souviens très bien avec chaleur, donc pour moi ça ne fait pas de problème. Par écrit, Marie, il s'en souvenait me semble convenir si on veut seulement marquer qu'il ne l'a pas oubliée, ce qui n'est déjà pas si mal. C'est une façon d'appuyer sur le souvenir. Une langue, c'est plein de délicatesses de ce genre. On oublie les personnes, il ne faut pas l'oublier. Donc ne pas avoir oublié une personne qu'on aurait pu oublier "humanise" la tournure, ou lui donne une note émouvante ou attendrissante, je ne sais comment dire.
     
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    janpol

    Senior Member
    France - français
    Marie, il s'en souvenait me semble convenir si on veut seulement marquer qu'il ne l'a pas oubliée, ce qui n'est déjà pas si mal. C'est une façon d'appuyer sur le souvenir. Une langue, c'est plein de délicatesses de ce genre.

    Je ne vois pas en quoi le fait de dire "en' au lieu de "elle" permet d'appuyer sur le souvenir. Pour moi, dire "en" (réservé aux choses et aux animaux) au lieu de "elle" (réservé à une personne), c'est chosifier un être humain et je ne trouve pas ça "plein de délicatesse".
     

    Me-K

    Banned
    french
    Dans les enfants, je m'en occupe, je ne vois pas qu'on les chosifie: la règle évoquée du en qui chosifie n'est pas pour moi exhaustive, de loin s'en faut.
     

    Oh là là

    Senior Member
    russe-Russie
    Dans mon livre de grammaire (PONS) j'ai trouvé la règle que "en" ne peut pas substituer une personne, seulement des objets.....

    Je me rappelle que dans mes manuels de grammaire française (des manuels russes) il y avait la même règle et l’emploi de en pour des personnes était toujours considéré comme une faute pour laquelle on abaissait la note :(
     
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    xmarabout

    Senior Member
    French - Belgium
    Je ne suis pas grammairien mais j'aime la langue française bien parlée et personnellement l'expression suivante ne me choque pas du tout:
    - Tu te souviens de ton grand-père ?
    - Non, je ne m'en souviens pas du tout.

    Et je n'ai pas du tout l'impression de "chosifier" le grand-père en question !
     

    Me-K

    Banned
    french
    Cette personne, je ne m'en souviens pas: je chosifie?
    Cette personne, je ne me souviens pas d'elle:
    plus lourd que ça, tu meurs.*

    J'ai un autre exemple sur un autre registre.

    Pas une seconde je n'ai pensé que la manuel cité au début du fil chosifiait Marie.

    10h05 * Si, plus flagrant encore, à la forme affirmative: cette personne, je me souviens d'elle. Non merci.
     
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    Chimel

    Senior Member
    Français
    Une chose est, dans un débat entre francophones, de faire preuve (ou non) d'indulgence envers certaines entorses à la règle, notamment dans la langue parlée, ou même de les préférer parce qu'on y voit telle ou telle nuance subjective.

    Une autre chose est, vis-à-vis des étrangers qui font l'effort d'apprendre notre langue (ou vis-à-vis de nos enfants), de ne pas créer de confusion inutile. Le français est déjà assez compliqué comme ça.

    Il me semble que la règle, énoncée entre autres dans le manuel Pons cité par Manialf, est claire: "en" désigne des objets et ne peut pas s'appliquer à des personnes. C'est particulièrement clair dans un exemple comme "Tu as vu Marie? J'en ai besoin aujourd'hui". Pourquoi la règle s'appliquerait-elle à "avoir besoin de" et pas à "se souvenir de"?

    Maintenant, je peux très bien tolérer que quelqu'un dise "Marie, je m'en souviens" (peut-être parce qu'on associe inconsciemment Marie et une série de choses qui lui sont liées), "les enfants, je m'en occupe..." Sans doute m'arrive-t-il de le dire aussi.

    Mais jusqu'à nouvel ordre, ce n'est pas la règle. Je pense que nous devons être clairs là-dessus pour tous nos amis étrangers qui nous lisent.
     

    Me-K

    Banned
    french
    1) Cette personne, je m'en souviens:
    Est-ce que je chosifie, oui ou non?

    2) Quiconque croit-il m'obliger à dire:
    Cette personne, je me souviens d'elle?
     
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    itka

    Senior Member
    français
    Mais jusqu'à nouvel ordre, ce n'est pas la règle. Je pense que nous devons être clairs là-dessus pour tous nos amis étrangers qui nous lisent.
    Tu as mille fois raison, Chimel !:thumbsup::) (Et la règle en question est parfaitement authentique).
     

    janpol

    Senior Member
    France - français
    Cette personne, je ne me souviens pas d'elle: plus lourd que ça, tu meurs.*
    Je trouve que c'est l'emploi du nom et du pronom dans la même phrase qui est lourd. (Tu te souviens de cette personne ?" "Non, je ne me souviens pas d'elle" me semble d'un poids supportable). La lourdeur n'est pas considérée comme une faute de syntaxe. Bien des formulations fautives sont plus "légères" que les formulations correctes correspondantes.
    La chosification : c'est le sentiment que j'éprouve lorsque j'entends cet emploi de "en"... C'est ainsi...
    Chimel : le "en" qui ferait un lot "CO + C. de temps ou autre complément", je n'arrive pas à y croire...
     

    Donaldos

    Senior Member
    French - France
    Quelques sources pour agrémenter la discussion:

    En a pris très tôt la valeur d'un pronom personnel qui, dans la langue moderne, renvoie exclusivement à une troisième personne. Invariable, il équivaut à lui, elle, eux, elles, cela, précédés généralement de la préposition de. Son emploi dispense de répéter un nom, un pronom, toute une proposition précédemment exprimés. L'antécédent est, de nos jours, plutôt une chose, un animé non humain ou toute une partie d'énoncé. Mais il s'agit là d'un usage plutôt que d'une règle : en renvoie aussi, aujourd'hui encore, à des personnes, dans des conditions qui ne peuvent faire l'objet d'une règle rigoureuse. On distinguera bien, en principe, Cet outil est excellent, j'en suis satisfait, de Cet élève est excellent, je suis satisfait de lui. Mais J'en suis satisfait n'est pas exclu. Bien plus, des raisons stylistiques peuvent conduire à préférer le pronom au complément prépositionnel, même lorsque l'antécédent est une personne. Rodrigue aime Chimène et en est aimé. Il veut en faire son épouse. • Lorsqu'il joue le rôle d'un pronom personnel, en peut avoir diverses fonctions.

    (Dictionnaire de l'Académie française)

    Les pronoms en et y représentent le plus souvent des noms d'animaux ou des choses, ou encore des idées abstraites : J'aime beaucoup Paris et j'en admire les monuments (Ac.). — Cette maladie est dangereuse, il peut en mourir (Id.). — Elle aime beaucoup son petit chien et ne s'en séparerait pour rien au monde.Ce vase est brisé : n'y touchez pas. — La défiance? je n'y suis pas enclin.

    En et y pouvaient, chez les classiques, se rapporter couramment à des personnes; cet usage, moins fréquent à l'époque moderne, n'est pas abandonné : Pascal plaisait peut-être à quelques femmes, il en était admiré (Fr. Mauriac). —C'est un véritable ami, je ne pourrai jamais oublier les services que j'en ai reçus (Ac.). — C'est un homme équivoque, ne vous y fiez pas (Id.)

    (Grevisse)

    IV En remplaçant de lui, d'elle, d'eux ou d'elles

    1 Quand il s'agit d'un chose, en est obligatoire : As-tu vu son bateau? En voici une photographie. On ne peut dire : Voici une photographie de lui.

    2 Après ne...que, on peut employer cependant de lui, d'elle, d'eux ou d'elles dans tous les cas : Il est fier de sa moto, il ne parle que d'elle. Il est plus élégant cependant de tourner autrement : Il est fier de sa moto. C'est son seul sujet de conversation.

    3 Quand il s'agit d'une personne ou d'une chose personnifiée, l'emploi de de lui, d'elle, d'eux, d'elles est obligatoire en principe : Il admire son cousin, il parle de lui sans cesse (Il en parle sans cesse est déconseillé). Cet écrivain aimait d'abord sa Patrie, il parlait d'elle dans tous ses livres. Cependant, l'emploi de en est admis quand il permet d'éviter la répétition du pronom personnel : Il admire son cousin, il parle de lui sans cesse et il en fait grand cas (évite la répétition de lui)

    (Jean Girodet, Pièges et difficultés de la langue française)
     

    Me-K

    Banned
    french
    [rédigé et posté sans avoir lu ni vu le post de Donaldos ... que je vais lire]

    Cette personne, je ne me souviens pas d'elle: plus lourd que ça, tu meurs.*

    Je trouve que c'est l'emploi du nom et du pronom dans la même phrase qui est lourd. (Tu te souviens de cette personne ?" "Non, je ne me souviens pas d'elle" me semble d'un poids supportable). La lourdeur n'est pas considérée comme une faute de syntaxe. Bien des formulations fautives sont plus "légères" que les formulations correctes correspondantes.
    La chosification : c'est le sentiment que j'éprouve lorsque j'entends cet emploi de "en"... C'est ainsi...
    [...]

    Ici il y a moyen de discuter:
    Pour moi, je dis: cette personne, je m'en souviens, et il serait absurde de prétendre que je chosifie.
    De la même manière, si je dis: Marie, je m'en souviens, je ne peux pas davantage l'avoir chosifiée.

    Ce à quoi par contre je dois veiller, c'est à ne pas permettre une chosification implicite: si le texte qui précède n'a pas précisé que nous parlions d'une personne, je me verrais en faute de dire: je m'en souviens. Dans le cas contraire, me dire que je chosifie n'est qu'un mauvais procès.

    En ne fonctionne pas comme quoi, c'est ce que vous ne voulez pas voir et que la règle invoquée a omis d'analyser. S'il y a règle avec en , elle n'est que relative, non pas absolue.

    Elle et il peuvent désigner une chose.
    Dans les cas que nous venons d'étudier, avec de, j'ai moi même noté qu'on dirait difficilement d'elle, en voulant désigner une chose.

    Comment expliquer cela? Je ne vois qu'une manière, celle sur laquelle je m'appuyais au début de ce fil et en deux autres fils, posant que de + pronom ou nom tend à noter un lien plus étroit entre le locuteur et le mot qui suit de.

    Nous avons une règle relative d'un côté, et un principe beaucoup plus général de l'autre, duquel la règle elle-même ne peut pas se passer.

    Ce qui a pu jouer dans ce fil, c'est que j'étais strictement fixé sur le principe que je viens de rappeler, et que je n'avais pas du tout vu la question posée comme se rapportant au risque de chosification.

    Je me demande encore si, au lieu de partir du risque de chosification avec en, il ne serait pas plus judicieux de partir du risque d'appliquer à une chose le pronom elle (ou ses équivalents).
     
    Last edited:

    xmarabout

    Senior Member
    French - Belgium
    Je crois que Donaldos nous permet de clore la discussion: l'usage, le style, permettent l'utilisation de en pour parler d'une personne: et l'Académie, et Grevisse et Girodet l'admettent.
     

    Chimel

    Senior Member
    Français
    D'accord, à condition de bien préciser que c'est un usage "moins fréquent à l'époque moderne" et qui est utilisé par certains auteurs "pour des raisons stylistiques" (je cite).

    Autrement dit, c'est un usage à manier avec beaucoup de précaution: il est à la fois plus littéraire et, dans d'autres contextes, plus "grossier" (cf. "j'en ai besoin" à propos d'une personne).

    Chacun de nous fait ce qu'il veut quand il s'exprime: je te fais entièrement confiance pour utiliser cette tournure à bon escient. Mais rappelons-nous que la question initiale a été posée par Nasti et que plusieurs non-francophones sont intervenus dans la discussion. Si tu veux bien admettre que nous devons rappeler la règle générale à l'intention des étrangers, je veux bien te concéder l'emploi de "en" pour des personnes dans certains cas particuliers. :)
     

    Me-K

    Banned
    french
    […]

    Je m'appuie, en le fil que je viens de mentionner et en deux autres fils, sur le de suivi d'un nom ou d'un pronom qui marque un lien particulier entre le locuteur et ce nom ou ce pronom.

    Or dans cet exemple avec César et se moquer, la logique ne fonctionne plus bien, car quand je dis César, je me moque de lui, je n'entends surtout pas marquer un lien particulier entre lui et moi, mais pourrait-on dire un lien négatif, un lien d'hostilité.

    La formule César, je m'en moque est beaucoup moins hostile à César que la formule César, je me moque de lui. Autre cas, donc, où l'usage de en ne saurait absolument pas être taxé de chosifier César.

    Quand je veux simplement dire César, je m'en moque, ma phrase est grammaticalement irréprochable, et vouloir m'obliger à dire César, je me moque de lui n'aboutit qu'à fausser ma pensée: voilà ce qu'aucune règle de grammaire n'obtiendra de moi, quoi qu'en pense ou quoi qu'en dise César.
     
    Last edited by a moderator:

    croust'

    Senior Member
    Français - France
    je pense qu'ici c'est le sens de se moquer qui joue.
    se moquer de quelqu'un (rire aux dépends de qqn) n'a pas le même sens que se moquer de quelque chose (s'en foutre, en termes plus familiers).

    se moquer de lui fait donc référence à la moquerie et s'en moquer au dédain.
     

    Me-K

    Banned
    french
    La remarque est intelligente, mais que reste-t-il de l'argument si dans mon exemple je remplace se moquer par s'en ficher?

    (C'était ma première idée, et j'ai préféré titrer sur se moquer que sur s'en ficher.)

    César je m'en fiche , César je me fiche de lui
    César je m'en moque, César je me moque de lui.

    Dans les deux cas, je peux le penser, le dire et le faire comprendre au sens exact de s'en ficher et de s'en moquer. Au besoin je rajoute aux deux formules avec s'en ficher et aux deux formules avec s'en moquer "comme du vélo de ma grand-mère". Pardon Grand-mère.
     
    Last edited:

    LV4-26

    Senior Member
    Pour moi, s'en ficher fonctionne exactement comme s'en moquer.

    En revanche, s'en balancer, un autre synonyme des deux précédents ne peut être utilisé que dans un des deux cas...
    César, je m'en balance :tick:
    César, je me balance de lui :cross:

    Ici, l'explication évidente est bien que "se balancer" n'est jamais utilisé pour signifier "tourner en dérision".

    D'un autre côté, il suffit de rajouter un adverbe pour que la deuxième structure change de sens
    César, je me moque de lui (= je ris de lui)
    César, je me moque bien de lui (= il m'indiffère -- sauf contexte très spécifique).

    Me-K, je me rends bien compte que je semble faire fi de votre idée maîtresse (celle du "lien particulier") mais c'est peut-être que ce que vous prenez pour un contre-exemple n'est peut-être qu'un mauvais exemple.
     
    Last edited:

    chuann6

    Senior Member
    English India
    Bonjour !

    Mes élèves viennent d'apprendre qu'avec penser à quelqu'un il vont utiliser un pronom tonique.

    Mais la question qu'ils m'ont posée, c'est la suivante : quand on pense de quelqu'un; cela se remplace-t il par "de lui" et par extension par "en"? Cela m'a semblé bizarre

    Qu'en pensez-vous?


    Merci de vos retours!
     

    certusy

    Member
    French - France
    Je ne comprends pas bien votre question, on peut dire "ce que je pense de lui/d'elle" (une personne), "ce que j'en pense" (de quelque chose, d'une idée...). On dit : penser quelque chose de quelqu'un ou penser à quelqu'un (deux sens différents)
     

    certusy

    Member
    French - France
    Pour moi, quand je dis : j'en pense que... ou "tu veux savoir ce que j'en pense ?" ce n'est pas pour parler d'une personne mais plutôt de quelque chose, d'une idée. Pour parler d'une personne je dirais plutôt je pense qu'elle / qu'il... ou "tu veux savoir ce que je pense de lui/d'elle ?"
     

    pacadansc

    Senior Member
    English
    Est-ce jamais possible d'employer le pronom "en" en parlant des personnes?
    Par exemple, si j'ai besoin de chercher un médecin, puis-je dire:
    J'en ai besoin.
    ou :
    J'aurai besoin d'en trouver un autre.
    ?

    Merci d'avance.
     

    janpol

    Senior Member
    France - français
    autre exemple :
    A-t-il changé de cuisinier / de jardinier / de secrétaire / de fiancée etc... ?
    Oui, il en a changé.
     

    TristánFarias

    Senior Member
    Español
    Bonsoir,

    Dans les phrases suivantes, j'aimerais savoir laquelle des deux est l'option correcte:

    a) J'ai finalement pu rejoindre le patron; voici les directives que j'en ai obtenues.
    b) J'ai finalement pu rejoindre le patron; voici les directives que j'ai obtenues de lui.

    Est-ce possible que le pronom en puisse remplacer un antecedant animé? Moi je crois que l'option B est l'option correcte, meme si l'on peut souvent trouver des phrases du type de la premiere option. Qu'en pensez-vous?

    Merci à l'avance!
     

    janpol

    Senior Member
    France - français
    Tu as raison sur tous les points : B
    ("joindre" conviendrait peut-être mieux que "rejoindre" (joindre au / par téléphone ?)
     

    suzannesiffer888

    Member
    slovaque Slovakia
    Bonjour,

    Jʼai vu sur un site internet la phrase " Il est très fier de sa fille, il en est fier depuis longtemps " . La phrase est-t-elle correcte, sʼil vous plaît ? Peut-on utiliser le pronom en même sʼil sʼagit dʼune personne? Peut-on dire également " Il est très fier dʼelle " ?


    Merci !
     

    Alkanna

    Senior Member
    Français-France
    "Il est très fier d'elle" : parfaitement correct.

    "en" s'emploie surtout pour désigner des choses, des animaux ou des idées.
    On le trouve cependant pour remplacer un nom de personne, surtout pour éviter de répéter un pronom personnel dans la même phrase. Par exemple : Nous pensons souvent à elle et nous en parlons.
     

    talaimendi

    Member
    Basque-Spanish
    Bonjour à toutes et à tous!

    Je suis prof de FLE en Espagne et aujourd'hui c'était la leçon des pronoms EN et Y. J'ai tout bien expliqué et j'ai expliqué aussi comme on ne peut pas remplacer les personnes par EN-Y:

    .- Je parle de ton père; je parle de lui; JAMAIS j'en parle.

    MAIS....

    .-J'ai trois soeurs. Moi, j'en ai deux.

    Pourquoi là on peut remplacer par des personnes?? À cause du verbe AVOIR??? À cause d'avoir mis un numéro après?? Je ne vois pas de raisons sémantiques....

    Merci pour votre aide!!!
     
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