FR: éprouver une grande joie de ce que

panettonea

Senior Member
English--US
In one French version of the Bible, Philippians 4:10 is translated like this:

"J'ai éprouvé une grande joie dans le Seigneur de ce que vous avez enfin pu renouveler l’expression de votre intérêt pour moi."

I've never quite seen "ce que" used in this way before, where it basically seems to mean only "que." Is this use of "ce que" very common? And is it really the best way to express the intended meaning here?

Thanks for any help with this.
 
  • olivier68

    Senior Member
    French Paris France
    Hi Panettonea,
    Nice question!
    One among the syntaxes for "éprouver" is : "éprouver (here = "ressentir") quelque chose de quelque chose".
    For instance :
    "J'ai éprouvé de la joie de votre venue".
    ---> j'ai éprouvé de la joie du fait que vous êtes venus
    ---> j'ai éprouvé de la joie de ce (fait) que vous êtes venus
    = j'ai éprouvé de la joie de par le fait que vous êtes venus

    Note sure to be clearer... but hope it helps!
     

    panettonea

    Senior Member
    English--US
    Merci beaucoup, olivier68. Ça m'aide sûrement. 🙂 So basically the translation is kind of elliptical, with the word "fait" simply understood here. Makes sense!
     
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    olivier68

    Senior Member
    French Paris France
    "J'ai éprouvé une grande joie dans le Seigneur" ne veut déjà rien dire...

    Yendred, vous semblez oublier les ellipses métaphoriques/métonymiques propre aux textes religieux. :)
    "Je vous souhaite de trouver la rédemption dans le Seigneur", est analogue et tout aussi fréquent. Mais ce n'est guère le sujet. [NB. Aucun prosélytisme de ma part !!!]
     

    Bezoard

    Senior Member
    French - France
    Je ne suis pas tout à fait d'accord. Il n'y a pas besoin d'ellipse de "fait" pour comprendre la phrase. "Ce que" est une formule très fréquente en français.
    Je ne comprends rien de ce que vous me dites.
    Je n'aime rien de ce que vois là.
    Je suis très content de ce que vous avez fait pour moi.
    Je me réjouis de ce que vous ayez pu venir.
     

    OLN

    Senior Member
    French - France, ♀
    Ce n'est pas une tournure courante. Elle a été soumise dans les fils
    FR: se plaindre de ce que
    s'indigner de ce que
    mais ça n'a pas été élaboré.

    Grevisse donne ces explications et exemples :
    De ce que.
    Si la proposition peut aussi être considérée comme exprimant la cause on emploie de ce que.
    De ce que seulement, après les verbes qui ont un objet direct :
    Je vous LOUERAI, Seigneur, DE CE QUE vous fîtes naître Saphira, ma mère, parmi votre peuple (FRANCE). - Ne pas me PUNIR DE CE QUE vous savez un secret (B. CONSTANT). - Mes Français [...J REMERCIAIENT Dieu DE CE QUE je leur avais été envoyée (MAULNIER). - Il la VANTAIT DE CE QU'elle nous fait échapper à l'ordinaire de nos soucis (BARRÈS). - De même : Je lui [= à l'humanitéJ EN VEUX DE CE QUE je fais partie d'elle (FLAUB.)
    De ce que ou que seul, après les verbes sans objet direct, ainsi qu'après des participes ou des adjectifs exprimant un sentiment :
    La vieille bonne [...] S'EXCUSA DE CE QUE le dîner n'était pas prêt (FLAUB.). - Je ME FÉLICITAIS d'abord DE CE QU'on me laissait en paix (GREEN), - Elle S'INQUIÉTAIT DE CE QU'il allait nous manquer (AYMÉ), - Jammes S'IRRITE DE CE QUE les critiques ne lui rendent pas justice (MAURlAC). - j'aurais dû SOUFFRIR DE CE QUE mes enfants [...] s'écartaient de moi (ID.). - j'étais RECONNAISSANT DE CE QU'elle n'exerçait pas sa puissance (B. CONSTANT).

    Si la proposition correspond plus nettement à un objet indirect et s'il n'y a pas d'objet direct, on emploie de ce que:
    N'abusez pas DE CE QUE je vous aime (GAUTIER) - je profite DE CE QUE le surveillant a le dos tourné pour m'esquiver (CABANIS). - Vous vous targuez DE CE QU'on parle allemand à Strasbourg (FUSTEL DE COULANGES, cit. Rob.). - Cela provient [ou vient ou résulte] DE CE Qu'il n'y a pas de surveillance (Ac, 1935). - DE CE QUE M. Vinteuil connaissait peut-être l'inconduite de sa fille, il ne s'ensuit pas que son culte pour elle en eût été diminué (PROUST)
     
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    OLN

    Senior Member
    French - France, ♀
    Je ne comprends rien de ce que vous me dites.
    Je n'aime rien de ce que vois là.
    Je suis très content de ce que vous avez fait pour moi.
    Je me réjouis de ce que vous ayez pu venir.
    Les deux premières phrase avec "rien de..." (partitif) sont pour moi des intrus, et je ne classerais pas non plus la troisième dans les catégories 1° et 2°.
    Pour la troisième : Je me réjouis de ce que vous avez pu venir ? (indicatif car c'est un fait avéré)
     
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    Bezoard

    Senior Member
    French - France
    Pour la troisième : Je me réjouis de ce que vous avez pu venir ? (indicatif car c'est un fait avéré)
    Bien qu'il s'agisse d'un fait avéré, on écrit : je me réjouis que vous ayez pu venir !
    Il est cependant exact qu'avec "se réjouir de ce que", les grammairiens traditionnels prônent l'indicatif.
    Cependant l'illogisme de ces deux constructions différentes fait qu'on trouve aussi la seconde avec le subjonctif, même sous des plumes de grammairiens ou de latinistes distingués :
    30 questions de grammaire française
    Lettres latines
    Pour ce que qui est des trois premiers exemples, je conviens qu'il sont d'une nature différente mais ils étaient là pour illustrer la banalité de la formule "de ce que", dans diverses constructions, sans qu'il soit nécessaire de supposer l'ellipse d'un "fait".
     
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