FR: le pays qui nous a vu[s] naître - accord

cslewis

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An important French-language historical document refers to "le pays qui nous a vu naître." Is this an (small) grammatical error? Should the past participle "vu" accord with complément d'objet direct "nous" that precedes the verb phrase? Or is there some grammar rule that I am missing here?

Merci!
 
  • olivier68

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    French Paris France
    L'accord doit se faire : "le pays qui nous a vus naître".

    mais la règle est subtile et parfois contestée ;-) : on fait l'accord usuel si le COD est antéposé ET si celui-ci se trouve aussi être l'acteur du verbe final. Un peu tortueux ici, mais ça fonctionne. Par contre, je peine, en français contemporain, à trouver une phrase dans laquelle ledit COD ne serait pas l'acteur du verbe final… Au XVIIème siècle, peut-être aurait-on pu écrire :
    --- > les personnes que j'ai entendu dire qu'ils étaient peu fréquentables [? ]
     
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    k@t

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    Français de France
    Sauf si le nous est un nous de majesté ou de modestie et qu’il renvoie donc à une seule personne et non à plusieurs (du moins en français contemporain - de quand date ce document ?).
     

    olivier68

    Senior Member
    French Paris France
    Oui. D'accord avec k@t sur le "nous de majesté/modestie".

    Par contre, k@t, aurais-tu un exemple contemporain dans lequel l'accord ne se fait pas ? Je sèche !
     

    k@t

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    Français de France
    aurais-tu un exemple contemporain dans lequel l'accord ne se fait pas ?
    Tu veux dire avec naître ? Ça me parait difficile, vu qu’on ne peut pas naître quelqu’un.
    Si tu veux dire avec la même phrase, mais avec un autre verbe infinitif, on peut avoir l’accord ou le non accord avec par exemple envahir, selon que « nous » envahissent ou sont envahis :

    Le pays qui nous a vus envahir (ses terres) > nous = les envahisseurs.
    Le pays qui nous a vu envahir (par les barbares)
    > nous = les envahis.
     

    olivier68

    Senior Member
    French Paris France
    J'allais applaudire… mais reste le souci de la voix passive…. dans laquelle le COD accordable peut aussi rester sujet ?
    Simple question !
     
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    olivier68

    Senior Member
    French Paris France
    Bonsoir cslewis,

    En l'absence de tout contexte, j'étais parti sur un pluriel ("nous").
    Mais ce peut effectivement être un pluriel de majesté/modestie.

    Cependant, si on parle "d'un peuple", je pense que l'on utilisera le
    pluriel.
     

    k@t

    Banned
    Français de France
    mais reste le souci de la voix passive…. dans laquelle le COD accordable peut aussi rester sujet ?
    En fait, je ne comprends pas bien ta question. La deuxième phrase n'est pas une voix passive canonique (avec être + participe passé), mais c'est bien un sens passif, et alors le COD n'est pas agent de l'infinitif. La première a contrario est de sens actif : le COD est agent de l'infinitif.
    Ou alors tu parles d'un "vrai passif" avec pays qui devient le complément d'agent et nous le sujet ?
    Nous avons été vus envahir (ses terres) par ce pays.
    Nous avons été vus envahis (par les barbares) par ce pays.


    le texte parle du naissance d'un peuple
    Ah ! mais c'est un concentré de pièges grammaticaux ce texte ! :D
    A priori, il ne s'agit ni d'un nous de modestie, ni d'un nous de majesté, mais d'un nous pluriel, mais associé à un nom collectif (= nom singulier qui désigne une pluralité) - le peuple.
    Dans ces cas-là l'usage hésite, même s'il existe des tendances (selon que l'apposition est détachée ou non par exemple). Il faudrait avoir l'extrait pour pouvoir mieux décider.
     
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    Maître Capello

    Mod et ratures
    French – Switzerland
    Comme ce général en chef s'adresse aux citoyens, il s'agit pour moi certainement d'un nous pluriel nécessitant un accord en conséquence. Autrement dit, il eût fallu en effet écrire : le pays qui nous a vus naître.
     

    k@t

    Banned
    Français de France
    Voici l'extrait :
    Ce n’est pas assez d’avoir expulsé de votre pays les barbares qui l’ont ensanglanté depuis deux siècles. Ce n’est pas assez d’avoir mis un frein aux factions toujours renaissantes qui se jouaient tour à tour du fantôme de liberté que la France exposait à vos yeux. Il faut, par un dernier acte d’autorité nationale, assurer à jamais l’empire de la liberté dans le pays qui nous a vu naître.
    Il n'y a en effet aucun doute (et pas de problème d'association d'un pronom pluriel avec un nom collectif singulier). L'accord est d'ailleurs bien fait dans plusieurs autres sources, celle-ci - Recueil général des lois et actes du gouvernement d'Haïti, depuis la proclamation de son indépendance jusqu'à nos jours - par exemple.
     
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