FR: nous prîrons

mwb_bda

New Member
English - United Kingdom
Hey all, this line is from Phèdre by Racine:

Nous le prîrons tous deux de nous servir de père.

What root is prîrons from? It is given as "entreat" in the following translation :

... For ever, take the guardian god to witness
Our solemn vows, and his paternal care
Entreat
. I will invoke the name of all ...

but I can't seem to find " prîrer " in any online dictionary. I assume it's very antiquated. Does anyone have a better definition (French or English) they can provide?
 
  • Maître Capello

    Mod et ratures
    French – Switzerland
    Please also note that prîrons is only two syllables long, unlike prierons, which would need to be three syllables long in proper versification. The latter would not fit Racine's alexandrine line.
     

    olivier68

    Senior Member
    French Paris France
    De ce que j'ai vu dans ma bibliothèque et sur Internet, jusqu'au moins vers le milieu du XIXe, les éditeurs écrivent "prîrons" (le plus souvent avec l'accent circonflexe, lequel rappelle la chute d'une lettre). Les éditions les plus modernes, pour la plupart, ne s'embêtent pas et rétablissent d'office : "prierons", partant sans doute du principe constaté que l'actuelle prononciation française fait ici de ce "e" un "e muet".
     

    olivier68

    Senior Member
    French Paris France
    Et donc, si Racine fait ce choix, c'est que, peut-être, à l'époque, ce "e" n'était pas muet dans la prononciation. Ce serait amusant de trouver quelques vers de Racine, ou d'autres contemporains, dans lequel il ne l'est pas, avec une prononciation imposée par un alexandrin : nous pri_eeu_rons ? (ou autre verbe analogue, par exemple : avouer).
     

    Bezoard

    Senior Member
    French - France
    La grammaire de Wailly (milieu du XVIIIe siècle) indique clairement que le "e" est muet dans "prierons", mais la syllabe "prie-" est longue. Elle forme quand même une seule syllabe et non deux. Ce serait à vérifier au temps de Racine ou de Corneille (par exemple Othon : Lui-même il nous prîra d'avoir soin de l'Empire, Et sçaura seulement ce qu'il nous plaira dire.)

    C'est cependant probablement pour éviter toute ambiguïté qu'on trouve les formes il prîra, nous prîrons, etc. beaucoup dans les vers jusqu'au XIXe siècle, mais aussi parfois en prose.

    Cependant, contrairement à ce que pense Olivier, la graphie "prieront" dans la pièce Phèdre est fort ancienne et parallèle à la graphie "prîront". On trouve ainsi "prieront" dans ces éditions de 1699 et 1754.

    Du reste, Furetière écrit précisément :
    Enfin cet e presque muet se trouve quelquefois aprés une voyelle & devant une confone , & pour lors il ne fait qu'allonger un peu la voyelle , surtout dans quelques temps formés des infinitifs en er. j'avoueray, je prierois, il faut prononcer presque je prirois, en faisant l'i un peu long, enjouement, il faut allonger l'ou qui precede l'e, & ainsi des autres, mais il faut toujours conserver l'e dans l'écriture, & il sert pour lors à marquer la racine, l'étymologie &c. Au reste cet e presque muet est si insensible dans la prononciation qu'il n'est point compté dans les vers. Ainsi prierons ne fait que deux syllabes dans ces vers de M. Racine, Et nous le prierons tous de nous servir de père.
     
    Last edited:
    Top