hurler à la mort

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simenon

Senior Member
italien
Bonjour à nouveau,
je me rattache à la discussion que je viens d'insérer, pour vous poser un autre question. http://forum.wordreference.com/showthread.php?t=2903427&p=14678458#post14678458 Qu'est-ce qu'on entend exactement ici quand on dit que les chiens "hurlent à la mort"? Je reprend le morceau en question "les gardes ont lâché les chiens sur ma trace. Je leur crachereai une lame de feu à la gueule, et eux aussi se rouleront dans la neige en hurlant à la mort. Mais moi, je ne veux pas mourir, mon amour..."
Dans les dictionnaire je trouve deux acceptions de cette expression, mais aucune des deux semble adapté à la scène:
1 Réclamer avec véhémence la mort, l'exécution de quelqu'un (d'autre)
2 [En parlant du chien, du loup] Hurler à la lune, à la mort.
Ici je crois qu'il y a une référence à la mort puisque tout de suite après la femme dit "mais moi, je ne veux pas mourir", donc je me demande si je peux interpréter l'expression comme si elle était l'équivalent de "invoquer la mort", "crier en appelant la mort" ou quelque chose comme ça.
Merci
 
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  • snarkhunter

    Senior Member
    French - France
    Bonjour Simenon,

    Moi, j'ai toujours compris cette expression comme signifiant que les chiens hurlent parce qu'il perçoivent ou pressentent la mort (pas nécessairement la leur, mais celle d'un être vivant qui se trouverait à proximité), et non pour l'invoquer : ce serait donc alors un mauvais présage, en quelque sorte.

    En y réfléchissant encore, ce pourrait aussi être l'expression d'une douleur physique intense ressentie par l'animal lui-même.
     

    volo

    Senior Member
    français
    Je suis de l'avis de snarkhunter, j'ai toujours compris cette tournure comme un mauvais présage. Il m'était arrivé de me réveiller en pleine nuit dérangé dans mon sommeil par l'hurlement d'un chien à proximité. Et l'idée d'un malheur, d'une mort, d'un désastre me venait tout de suite à l'esprit. Mais dans le contexte cité par simenon, j'aurais compris le mot comme un grand cri de douleur
    :eek:.
     
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    simenon

    Senior Member
    italien
    Merci beaucoup. Je ne savais pas que dans cette expression il y a une allusion à un mauvais présage (les dictionnaires ne sont pas très clairs à ce sujet), donc merci. Mais il est vrai que, comme vous deux le dites, en ce cas ce serait bizarre. Je pense donc que votre deuxième hypothèse est plus probable. Mais en ce ca "à la mort" ce serait une sorte de intensif? COmme à dire " désespérément"?

    "
     

    volo

    Senior Member
    français
    S'il s'agissait du degré d'intensité, on aurait employé le mot sans article = à mort. On dit bien "Il est fâché à mort" :tick:et non Il est fâché à la mort :cross:
    Bonne journée, simenon
     

    simenon

    Senior Member
    italien
    Je reviens sur cette phrase car en la relisant je me demande si le sens ne pourrait être le premier indiqué par le dictionnaire, c'est-à-dire que les chiens, blessés par la lame de feu, hurleraient pour "dire" aux gardes qu'il faut la tuer. Cela expliquerait la phrase suivante "Mais moi, je ne veux pas mourir, mon amour". Est-ce que cette hypothèse vous semble absurde?
     

    volo

    Senior Member
    français
    Bonjour, Simenon.

    Ce qui est important ici, c'est ce "mais" qui veut dire qu'elle n'a pas envie de mourir comme le font ces chiens mortellement blessés par la lame de feu.
    A l'opposé des chiens, elle, elle ne veut pas mourir.
    Les chiens, ils mourront, pas elle, car elle, elle veut survivre.
     
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    Punky Zoé

    Senior Member
    Pau
    France - français
    Bonjour,

    Il me semble que dans ce contexte, il faut prendre "hurler à la mort" au premier degré, les chiens hurlent parce qu'ils sont mortellement touchés par la lame de feu, non ?
     

    simenon

    Senior Member
    italien
    Bonjour Volo et Punky.
    Mais donc au premier degré la phrase peut signifier cela? En ce cas, oui, je suis d'accord avec vous, cela me semble le sens le plus conséquent. Je n'arrivais pas à faire correspondre "à la mort" à cette lecture. Mais si elle est possible tant mieux. On pourrait donc dire qu'ils hurlent en mourant/moribonds?
     

    Punky Zoé

    Senior Member
    Pau
    France - français
    C'est la liberté de l'écrivain et parfois son art de jouer avec les mots, parfois de leur donner un tour poétique, parfois de les prendre au pied de la lettre.

    Je ne connais pas ce roman, mais des extraits que tu nous donnes, Simenon, il me semble que l'auteur qui parle à la première personne, mélange la réalité la plus inhumaine des camps et - peut-être pour en atténuer cet effet et introduire de l'humanité dans le récit - une forme d'onirisme, ce qui rend la compréhension un peu énigmatique.
     

    simenon

    Senior Member
    italien
    Bonjour Punky,
    le texte n'est pas vraiment et entièrement à la première personne car le narrateur est la petite-fille d'un homme survecu à Auschwitz. Elle vient de mourir dans un incendie. Il y a des chapitres où elle raconte l'histoire de son grand-père de façon neutre, comme un narrateur exterieur, on pourrait presque dire que dans ces chapitres-là le narrateur est un autre (un narrateur exterieur, justement), et des autres chapitres où elle s'adresse à son homme en mélant, comme dans une visione onirique, comme tu le dis, sa vie (ou plutôt sa mort) à l'expérience de son grand-père.
     
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