il chercha n'importe quoi qui aurait pu / pourrait

proyoyo

Senior Member
French - Cantonese
Bonjour,

Je voudrais savoir pour les deux phrases suivantes quel temps devrais-je choisir entre conditionnel passé et conditionnel présent :

"Il cria en remarquant qu'il était tout nu et chercha des yeux n'importe quoi qui pourrait (aurait pu) cacher son corps."

"Il avait une folle envie de revoir cette jolie jeune fille qui le hantait nuit et jour, jusque dans son sommeil, surtout dans son sommeil. Pendant qu'il patientait devant la porte, il réfléchissait à un prétexte qui aurait pu (pourrait) justifier sa visite imprévue."

Merci.
 
  • Clotaire

    Member
    Français
    Dans les deux cas, les deux sont possibles, mais la distance prise est plus grande avec le conditionnel passé qu'avec le conditionnel présent.

    Par exemple, on pourra préférer le conditionnel passé si ce dont on parle ne s'est finalement jamais produit, et le conditionnel présent dans le cas contraire.

    Ou encore, dans la deuxième phrase, si le garçon n'envisage pas sérieusement de frapper à la porte parce qu'il est trop timide, mais qu'il se plaît quand même à chercher une raison de le faire, on dirait "il réfléchissait à un prétexte qui aurait pu justifier..." mais s'il envisage vraiment de le faire alors "il réfléchissait à un réflexe qui pourrait justifier..."

    Ça dépend donc du contexte et de l'intention de celui qui raconte.
     

    proyoyo

    Senior Member
    French - Cantonese
    Merci pour vos réponses.
    Clotaire : Vous êtes sûr ? Je pensais que le conditionnel passé permettait de faire une hypothèse dans le passé et le conditionnel présent une action future dans un récit au passé.
    Et par conséquent, opposer le conditionnel présent et passé devrait plutôt ressembler à une opposition conditionnel présent (hypothèse dans le présent) et futur, non ?
    Par exemple :
    "Il cria en remarquant qu'il était tout nu et chercha des yeux n'importe quoi qui pourrait (aurait pu) cacher son corps."
    Ça donnerait ça au présent, non ? :
    "Il crie en remarquant qu'il est tout nu et cherche des yeux n'importe quoi qui pourra (pourrait) cacher son corps."
    Si j'ai raison, c'est davantage une question de probabilité de cacher son corps (ça "pourrait le cacher" ou ça "pourra le cacher") qu'une question d'action qui se réalise ou pas.

    Ai-je tort ?
     

    Clotaire

    Member
    Français
    Oui, je suis presque sûr qu'on peut dire les deux. Mais bien sûr, il est toujours possible que je me trompe. Ces questions sont compliquées et on ne peut malheureusement pas se fier à l'usage courant pour distinguer ce qui est correct de ce qui ne l'est pas.

    Je ne suis pas sûr d'être capable de citer tous les usages des différents conditionnels mais je me risquerai à l'explication suivante (en prenant un exemple similaire mais un peu plus court) :

    Au présent, deux formes sont possibles :

    "Je cherche quelque chose qui (pourrait/puisse) nous sauver."
    (conditionnel présent/puisse)

    On ne peut pas utiliser l'indicatif (à mon sens), ni présent, ni futur, car on ne sait même pas si la chose existe.

    Mais dès qu'on l'aura trouvé on pourra dire trois choses :

    "Ceci (pourrait/peut/pourra) nous sauver."
    (conditionnel/indicatif présent/indicatif futur)

    Les deux temps de l'indicatif correspondent au subjonctif dans la première phrase.
    Dans ces deux exemples, si l'on choisit d'utiliser le conditionnel à la place du subjonctif ou de l'indicatif, c'est pour mettre plus de distance avec ce qui reste de toute façon une éventualité.



    Maintenant au passé, la première phrase devient :

    "Je cherchais quelque chose qui (aurait pu/pourrait) nous sauver."

    Et la deuxième phrase devient :

    "Cela (aurait pu/pouvait/pourrait) nous sauver."

    Il y a vraiment une exacte correspondance de signification dans l'usage des temps avec les phrases au présent, y compris dans la deuxième phrase :
    conditionnel présent <- conditionnel passé
    imparfait <- présent
    conditionnel présent <- futur (le fameux futur dans le passé)

    La seule différence est ici que celui qui raconte sait ce qui est arrivé ensuite, et que sa prise de distance peut être interprétée comme une annonce :

    Cela aurait pu nous sauver [mais rien n'y a fait].

    Tout dépend si on se place dans l'esprit de celui qui pense au moment de l'action, ou dans dans l'esprit de celui qui raconte après les évènements. Par exemple, dans ce contexte, le conditionnel passé n'enlève pas tout espoir :

    "Mes yeux se promenaient sur les divers objets qui m'entouraient ; je tombais sur le papier que m'avait laissé mon frère. Tout à coup, je me souvins de l'histoire qu'il m'avait raconté et je me mis à réfléchir à une vitesse folle. Cela aurait pu me sauver."

    Ceci dit c'est vrai qu'en général, quand on utilise le conditionnel passé, c'est pour supposer dans le passé quelque chose qui ne s'est pas produit en effet :

    "Il aurait pu nous prévenir."
    "(S'il n'avait pas plu,) nous serions allé en balade."
     

    proyoyo

    Senior Member
    French - Cantonese
    Merci pour ta longue réponse, Clotaire. Vraiment, ce n'est pas simple du tout d'en saisir les subtilités... Si quelqu'un peut éclaircir les choses plus encore qu'elles ne le sont déjà, ce sera gentil.
     
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