Il marchera. Il faudra bien qu’il marche.

simenon

Senior Member
italien
Bonjour à tout le monde,
dans Les visage de l'ombre de Boileau-Narcejac, à un moment donné on emploie le verbe "marcher" dans une acceptione que je ne suis pas certaine de saisir. Je vous donne un peu de contexte. Le personnage principal, Hermantier, qui est devenu aveugle suite à un accident, est en train de parler avec sa femme. Il est le patron d'une entreprise et avant l'accident il était en train de mettre en place une affaire. Son associé Hubert n'est pas convaincu de la réussite de cette affaire et la femme d'Hermantier non plus. Ainsi ils profitent de l'état d'Hermantier pour essayer de laisser tomber cette affaire en le cedant à un cartel. Hermantier s'en aperçoit et donc il parle avec sa femme. (J'ai essayé de ne pas reveler les détails pour ne par gâcher la lecture à qui n'a pas lu le roman).
Sa femme se justifie en disant qu'il ne veut continuer cette affaire que par orgueil, qu'il ne pense pas ni à elle ni a Hubert, qui a mis son argent dans l'entreprise et qui pourrait être ruiné (comme elle, d'ailleur) si l'affaire ratait. En parlant, il comprend que l'accord avec le cartel n'a pas encore été signé et donc la partie n'est pas encore perdue pour lui.
— Quand Hubert doit-il signer ?
— Je ne sais pas. Dans quelques jours. Il hésite encore.
— Il hésite ! Je le reconnais bien là. Voilà quarante ans qu’il hésite à vivre. Eh bien, il n’est peut-être pas trop tard. Foutu pour foutu, j’aime autant crever sur la brèche. Vous allez lui télégraphier, Christiane. Vous allez lui défendre de signer. Je suis encore le patron, vous entendez ! Il marchera. Il faudra bien qu’il marche. Ses millions, je m’en fous. S’il les perd, c’est qu’il n’était pas digne de les avoir. Mais si je gagne, il sera dix fois plus riche. En ce moment, je joue son argent contre ma peau. Je lui interdis d’hésiter. Il se leva et fit le tour du fauteuil où Christiane était assise.
Eh bien, qu'est-ce qu'il entend en disant "Il marchera. Il faudra bien qu’il marche"? Le sujet de la phrase est Hubert?
Je trouve dans le Trésor de la langue française que "marcher" peut signifier aussi
2. Fam. [Le suj. désigne gén. une pers.] a) Donner son entière adhésion à (quelqu'un ou quelque chose). Alors, vous marchez? Je marche.
et donc se référer à Hubert. Donc le sens serait "Hubert sera d'accord", "Hubert acceptera", n'est-ce pas?
Ou cela peut aussi signifier "Hubert va m'obéir"? Je ne trouve pas cette acception dans le Trésor, mais il y a l'expression "faire marcher".

L'autre hypothèse est que le sujet de la phrase est "l'affaire". Le verbe aurait son sens plus habituel de
. [Le suj. désigne un inanimé] Fonctionner, se dérouler avec plus ou moins de succès.
a) [Le suj. désigne une affaire, une entreprise commerciale]
Mais dans ce dernier cas, je n'arrive pas à m'expliquer le masculin "il". Je ne trouve pas un mot auquel m'attacher pour cette hypothèse et donc je crois qu'elle n'est pas la bonne.
Qu'en pensez-vous?
Merci d'avence
 
  • iuytr

    Senior Member
    French - France
    Dans le langage courant c'est devenu un signe d'accord pour un projet quelconque avec une tournure particulière.

    Par exemple :
    - Tu passes à la maison pour l'apéro ? (ou on va au ciné samedi ?)
    - Ça marche !

    "Je marche" serait une réponse correcte au niveau du sens mais peu courante. Il me semble qu'elle serait plus appropriée pour un projet type coup, combine où la décision entraine plus d'implication.

    - Alors, cet achat d'un bateau à plusieurs ? Tu t'es décidé ?
    - On en a parlé avec X, c'est OK, je marche
    - Et Y ?
    - Il marche aussi.
     
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