l’homme en lui qui revêtait cet autre sexe

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simenon

Senior Member
italien
Bonjour,
je suis tombée sur cette hrase que je ne comprends pas dans le roman Soifs de MC Blais:

"cet homme n’aurait pas dû mourir, répétait Renata avec entêtement, cet homme était peut-être innocent, disait-elle, un pli soucieux ombrageant son front, ce front de penseur chez une femme, se disait le juge en regardant sa femme droit dans les yeux, l’homme en lui qui revêtait cet autre sexe, elle n’était pas seulement opposée à lui, mais farouche,"

Les deux personnage en question, Renata et Claude, sont mariés. Il est juge, elle avocate et ils parlent d'un criminel qui vient d' être condamné à mort. Je ne comprends pas la phrase en gras. Est-ce que cela signifie que lui, le juge, ent tant qu'homme "représente" les hommes? Autrement dit, quel est ici le sens de "revêtait "? Ou "en lui" signifie "en elle" et on fait allusion à un coté masculin de Renata? Ou le sens est encore un autre? Je suis un peu perdue.
Merci
 
  • snarkhunter

    Senior Member
    French - France
    Bonjour,

    Je pense que cela désigne la part de féminité que certains disent exister en chaque homme, et vers laquelle nous aurions tous une aspiration inconsciente. Il est bien ici question du juge.
     

    Piotr Ivanovitch

    Senior Member
    Français
    Il est bien ici question du juge.
    Effectivement, « l’homme en lui qui revêtait cet autre sexe » est une incise qui se rapporte à « [se disait] le juge », et je partage l'hypothèse de Snark sur « la part de féminité » présente en chaque homme.
     

    simenon

    Senior Member
    italien
    Merci. Ce qui me semble un peu bizarre dans votre hypothèse est le fait de dire "l'homme en lui" en parlant d'un homme, et pour dire que cet "homme en lui" revête l'autre sexe, se met dans la peau des femmes. Mais il est vrai que le style di texte est compliqué et enfin je me laisse convaincre facilement et donc, d'un côté, je crois que vous avez raison. Mais de l'autre côté je me demande: qu'est-ce qu'il y a de féminin dans l'attitude du juge dont on parle? Qu'est-ce que s'est dit le juge? Il regard le pli soucieux sur le front de sa femme et il pense "ce front de penseur chez une femme" comme si cela était bizarre. Et cette pensée n'a rien de féminin (la normalité serait que la femme ne pense pas? qu'il n'y a pas de femmes entre les penseurs?). A moins que là aussi le sens ne m'échappe.
    Si par contre on fait l'allusion à ce qu'il pense tout de suite après: " elle n’était pas seulement opposée à lui, mais farouche ", là aussi je ne vois rien de notamment féminin dans cette pensée.
    Peut-etre que le sens de " l’homme en lui qui revêtait cet autre sexe" serait: "en essayant de revêtir cet autre sexe? C'est-à-dire qu'il la regarde " droit dans les yeux " en essayant de voir la question de son point de vue, du point de vue des femmes?
     
    Last edited:

    iuytr

    Senior Member
    french
    Peut-etre que le sens de " l’homme en lui qui revêtait cet autre sexe" serait: "en essayant de revêtir cet autre sexe? C'est-à-dire qu'il la regarde " droit dans les yeux " en essayant de voir la question de son point de vue, du point de vue des femmes?
    Oui, on peut ressentir cela. J'utilise ressentir parce que comprendre quelque chose avec cette écrivaine n'est pas évident. Mais ce n'est pas opposé aux interprétations précédentes : pour se mettre à la place d'une femme, il doit s'appuyer sur la part de féminité qui est en lui.
     

    Maître Capello

    Mod et ratures
    French – Switzerland
    Je comprends les choses différemment. Je vous rejoins sur le fait que cela qualifie le juge (vu que c'est l'homme en lui), mais cet autre sexe est pour moi le sien, par opposition à celui de sa femme. Je ne vois en effet rien dans le contexte qui indique qu'il serait question de sa part de féminité…

    On pourrait aussi envisager que l'auteur voulait en fait dire : l'homme en elle qui revêtait cet autre sexe, ce qui aurait beaucoup plus de sens dans ce contexte.

    comprendre quelque chose avec cette écrivaine n'est pas évident
    Bel euphémisme ! :p Ce sont des écrits vains… :D
     

    Piotr Ivanovitch

    Senior Member
    Français
    Je pense qu'il faut intégrer à notre réflexion « ce front de penseur chez une femme » : l'idée qui me vient est que, voir « ce front de penseur chez [sa] femme » lui évoque la part de masculinité existant chez elle et, par association d'idées, sa propre part de féminité.

    je me demande : qu'est-ce qu'il y a de féminin dans l'attitude du juge dont on parle ?
    Rien, il n'y a rien de particulièrement féminin dans son attitude à de moment-là : il s'agit juste d'une vérité générale, selon laquelle chaque homme possède en lui une part de féminité (ce qui - accessoirement - est une vérité embryologique).

    Qu'est-ce que s'est dit le juge? Il regarde le pli soucieux sur le front de sa femme et il pense "ce front de penseur chez une femme" comme si cela était bizarre.
    Ce n'est pas tant que ce soit bizarre, mais seulement que c'est nouveau : il n'a jamais envisagé cette facette de la personnalité de sa femme, et il n'a probablement jamais envisagé cette facette de sa propre personnalité.
     

    Maître Capello

    Mod et ratures
    French – Switzerland
    voir « ce front de penseur chez [sa] femme » lui évoque la part de masculinité existant chez elle
    :thumbsup: Bien d'accord sur ce premier point…

    et, par association d'idées, sa propre part de féminité.
    … mais pas sur celui-ci. Encore une fois, je ne vois vraiment pas ce que la part de féminité du juge aurait à voir dans ce contexte ; je ne vois rien qui viendrait étayer cette hypothèse.
     

    Nanon

    Senior Member
    français (France)
    J'ai pensé à la part de féminité chez lui et à la part de masculinité chez elle, mais est-ce qu'il y aurait quelque chose de... hum... :oops: beaucoup plus physique dans cet acte de revêtir ? Voici les lignes qui précèdent immédiatement :
    ils avaient longtemps parlé de lui puis l'avaient oublié en se jetant dans les bras l'une de l'autre dans une frénésie joyeuse qu'ils s'expliquaient mal maintenant, car à peine sortis de leurs tendres liens, ils avaient senti la même impuissance (extrait de Soifs)
     

    Locape

    Senior Member
    French
    Il n'est pas (absolument) sûr que l'autrice elle-même puisse expliquer ce que ça veut dire, tant ses phrases à rallonge semblent être souvent de l'écriture automatique. La traduction en italien doit avoir la même structure qu'en français, je pense, comprenne ensuite qui pourra ! Il vaut évidemment mieux comprendre ce qu'on traduit, mais là ! En même temps, la demande n'est pas une explication de texte, une analyse poussée de la pensée de l'écrivaine, mais une traduction de ses propres mots, ici tu ne peux pas faire plus !
    Il ne me semble pas possible de savoir si 'revêtir' est au sens littéral, ou au sens figuré parlant du juge ou au contraire de sa femme...
     
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