le réconfort et l'amitié qu'elle leur a apporté(s) - accord du participe passé

Kakikako

Senior Member
French - France
Bonjour
Encore un problème de participe passé.

... pour le réconfort et l'amitié qu'elle leur a apporté(s)

Logiquement il faut un 's' puisque le COD (le réconfort et l'amitié) est avant le verbe, mais cela me parait bizarre. Y a-t-il une exception quelconque en raison de la structure de la phrase?
 
  • Bezoard

    Senior Member
    French - France
    ... pour le réconfort et l'amitié qu'elle leur a apporté(s)

    Logiquement il faut un 's' puisque le COD (le réconfort et l'amitié) est avant le verbe, mais cela me parait bizarre. Y a-t-il une exception quelconque en raison de la structure de la phrase?
    On pourrait éventuellement envisager un accord de proximité avec amitié.
    ... pour le réconfort et l'amitié qu'elle leur a apportée.

    Mais cet accord ne fait pas l'unanimité.
     

    Bezoard

    Senior Member
    French - France
    Bien sûr, il y a un conflit entre la règle classique de l'accord avec plusieurs donneurs (règle à laquelle nous sommes très habitués) et l'accord de proximité. Mais dans le cas présent, le contexte est très clair et l'accord de proximité n'entraîne aucune ambiguïté.
     

    Maître Capello

    Mod et ratures
    French – Switzerland
    :confused: Ben non, le problème reste exactement le même :

    le réconfort et l'amitié qu'elle leur a apportés → le réconfort et l'amitié leur ont été apportés
    le réconfort et l'amitié qu'elle leur a apportée → seule l'amitié leur a été apportée
    l'amitié et le réconfort qu'elle leur a apporté → seul le réconfort leur a été apporté

    le réconfort et l'amitié qu'elle leur a apporté :cross:*
    l'amitié et le réconfort qu'elle leur a apportée :cross:*

    * L'accord n'est fait ni avec l'ensemble des donneurs, ni avec le donneur le plus proche.
     

    Maître Capello

    Mod et ratures
    French – Switzerland
    D'accord, mais cela ne change en rien la question de l'accord. Si on fait l'accord avec l'ensemble des donneurs, les deux ordres des noms donnent exactement le même accord au masculin pluriel, sans ambiguïté de sens puisqu'aucun des deux substantifs n'est masculin pluriel :

    le réconfort et l'amitié qu'elle leur a apportés → accord avec l'ensemble des donneurs
    l'amitié et le réconfort qu'elle leur a apportés → accord avec l'ensemble des donneurs

    Le problème survient pour l'accord avec le donneur le plus proche, donc au singulier (masculin ou féminin selon le genre du dernier substantif). Il suggère en effet que seul le dernier nom est qualifié par la proposition relative plutôt que les deux.

    le réconfort et l'amitié qu'elle leur a apportée → deux possibilités :
    1. règle classique de l'accord avec l'ensemble des donneurs : seule l'amitié leur a été apportée
    2. règle rare et désuète de l'accord avec le donneur le plus proche : le réconfort et l'amitié leur ont été apportés
    Le problème avec cette deuxième règle est qu'elle rend la phrase ambiguë : est-ce que c'est l'ensemble des donneurs qui sont qualifiés par la proposition relative ou est-ce seulement le dernier ? Il est donc préférable d'éviter l'accord avec le donneur le plus proche pour cette raison.
     

    danielc

    Senior Member
    French-Canada
    Bezoard pense que le contexte de cette phrase est clair et donc un accord de proximité de poserait pas de problème. Je comprends pourquoi il dit cela.

    Dites-vous MC que pour l'accord du partcipe passé dans les cas où le ou les sujets précèdent le verbe, comme dans notre exemple, qu'il n'y a pas de justification pour l'accord de proximité? Le contexte est clair pour Bezoard, mais non pas pour vous?Il est un problème général pour ce type de phrase, selon vous?
     

    Maître Capello

    Mod et ratures
    French – Switzerland
    L'accord de proximité est archaïque ; il n'est plus en usage depuis près de sept siècles. D'autre part, comme je l'ai montré précédemment, il crée des ambiguïtés qui n'existent pas avec la règle actuelle (accord avec l'ensemble des donneurs). Certains contextes peuvent certes aider à lever l'ambiguïté, mais elle demeure dans la majorité des cas. Pour ces raisons, je ne vois aucun intérêt à vouloir réintroduire cet accord d'un autre âge.
     
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    Bezoard

    Senior Member
    French - France
    L'accord de proximité est archaïque ; il n'est plus en usage depuis près de sept siècles.
    Il était encore courant sous la Renaissance et pouvait se rencontrer jusqu'au XVIIe siècle. Pas si archaïque que ça, et il suffirait d'un rien pour le remettre à la page, si c'était opportun. Pour ma part, l'accord classique me convient, mais dans certaines phrases et à condition qu'il n'y ait pas d'ambiguïté, l'accord de proximité peut être assez élégant.
     

    Bezoard

    Senior Member
    French - France
    Cela demande réflexion, mais dans l'attente, je citerais volontiers Racine :
    Surtout j’ai cru devoir aux larmes, aux prières
    Consacrer ces trois jours et ces trois
    nuits entières
    — Jean Racine, Athalie
     

    Bezoard

    Senior Member
    French - France
    Il aurait pu écrire :
    Surtout j’ai cru devoir à pleurer et prier
    Consacrer ces trois jours et ces trois
    nuits entiers
    La rime était sauve, mais c'est nettement moins beau !
     

    danielc

    Senior Member
    French-Canada
    Le problème avec une discussion plus générale de l'accord de proximité est que nous nous égarons du type d'accord qui est le sujet du fil- le participe passé (et COD avant). Je suis quand même content que MC puisse voir l'utilité de l'accord de proximité pour les adjectifs, au moins dans la poésie! :)
     
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