les rappeler à lui

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natansc8

Member
Portuguese
Bonjour les amis du Fórum,

J'ai dû mal à comprendre le dernier syntagme de la phrase suivante:

"Le public peut dormir sur ses deux oreilles: les verrous sont tirés non seulement sur les individus qui n'ont pas toujours su montrer patte blanche mais encore sur tout ce qu'il font parfois d'admirable, qui pourrait les rappeler à lui." (André Breton, "L'art des fous, la clé de champs").

qui pourrait les rappeler à lui: est-ce que ça c'est un euphémisme pour parler de la mort? ou ça pourrait signifier "rappeler à soi-même, retourner à la conscience"?

Merci à tous en avance!
 
  • ENELYC

    Member
    Français de France
    Je ne suis pas sûre, mais voilà comment j'attribuerais chaque élément a priori :
    qui = tout ce qu'il font parfois d'admirable [créations / art ?]
    les = les individus qui n'ont pas toujours su montrer patte blanche [les fous ?]
    lui = le public

    Autrement dit (si j'ai bien compris le contexte) : Tout ce qu'ils font parfois d'admirable et qui pourrait rappeler au public l'existence des fous [est bien caché grâce aux verrous tirés]
    Je ne sais pas si je suis très claire, désolée ;)
     

    Locape

    Senior Member
    French
    Le sens n'est pas évident, mais je crois aussi que "lui" désigne le public du début de la phrase. 'Montrer patte blanche' se dit en général de personnes qui n'ont rien fait de répréhensible, donc on pourrait penser tout d'abord à des détenus , mais le livre d'après le titre semble plutôt parler des fous.
     

    Reynald

    Senior Member
    français - France
    Ici, montrer patte blanche pourrait signifier montrer que l'on connaît et respecte quelques règles de ce qu'il est habituellement convenu d'appeler art. Ce que ne font pas les fous.
    Les verrous sont tirés : on ignore leurs œuvres (avec probablement pour verrous une allusion à l'enfermement général dans des asiles à l'époque).

    Exposer ou commenter ces œuvres rappellerait l'existence des fous à une société qui préfère les oublier.
     

    JClaudeK

    Senior Member
    Français France, Deutsch (SW-Dtl.)
    Exposer ou commenter ces œuvres rappellerait l'existence des fous à une société qui préfère les oublier.
    :thumbsup:
    Cf: cet article du Monde
    La Galerie nationale du Jeu de paume, à Paris, expose, jusqu'au 28 septembre, la collection ancienne du Centre d'étude de l'expression de l'hôpital Sainte-Anne. Réalisées par des malades internés, ces œuvres souvent étranges et troublantes interrogent la définition même de la création artistique.
    [....]
    "Il est à observer qu'une gêne croissante, dès qu'il s'agit de la place à faire à de telles œuvres, n'a cessé depuis un demi-siècle de s'exprimer dans les milieux psychiatriques -
    Edit:
    En résumé:
    Le public est "protégé: Les verroux sont tirés sur ces individus (fous) et tout ce qu'ils font pour qu'il (le public) ne soit pas "gêné' par leur présence physique et leurs oeuvres.
     
    Last edited:
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