magnétique - prononciation

danielc

Senior Member
French-Canada
En lisant les articles suivants je vois que la prononciation de magnétique varie en ce qui concerne le g, dur ou mouillé.

Dictionnaire de l’Académie française

magnétique — Wiktionnaire

https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/magnétique/48567

On peut aussi noter, au moins au Canada, que le i peut être celui du dictionnaire, ou un i court d'un type plus à l'anglaise, comme dans le mot anglais it.

Mais restons sur le g. J'entends pour magnétique les deux prononciations mentionnées du g au Canada. J'ai appris à l'école et j'utilise la prononciation avec le g dur. Mais cette semaine au Musée des sciences et technologie du Canada j'ai assisté à une présentation d'une scientifique canadienne-française qui prononçait selon Larousse et non l'Académie, donc le g mouillé (et le i plus comme celui du mot anglais it).

Pouvons-nous parler de différences régionales, générationnelles ou de classe sociale?


 
  • Maître Capello

    Mod et ratures
    French – Switzerland
    Je n'ai jamais entendu que [ma.ɲe.tik] pour ma part. Le g dur a semble-t-il disparu de la prononciation de ce mot en Europe il y a quelques siècles déjà.

    qui prononçait selon Larousse et non l'Académie

    Attention, la prononciation indiquée dans la 4e édition du dictionnaire de l'Académie date de 1762 :
    La prononciation la plus ordinaire est conforme au latin, en sorte qu’on prononce le g dur, & sans mouiller gn.

    Une trentaine d'années plus tard (1798), la 5e édition indique :
    (On commence depuis quelque temps à mouiller gn.)

    Quant à Littré, un peu moins d'un siècle plus tard, il n'indique plus que la prononciation mouillée :
    (ma-gné-ti-k')
     

    Bezoard

    Senior Member
    French - France
    Je n'ai jamais entendu que [ma.ɲe.tik] pour ma part. Le g dur a semble-t-il disparu de la prononciation de ce mot en Europe il y a quelques siècles déjà.
    En Europe francophone, mais le g dur est maintenu dans le mot correspondant anglais ou allemand.
    Attention, la prononciation indiquée dans la 4e édition du dictionnaire de l'Académie date de 1762 :


    Une trentaine d'années plus tard (1798), la 5e édition indique :
    Eh oui, c'est qu'entre temps Mesmer était venu à Paris (1778-1785) faire ses expériences sur le magnétisme, ce qui avait popularisé le mot et lui avait donc conféré la prononciation populaire au détriment de la prononciation savante.
    Franz-Anton Mesmer — Wikipédia

    J'imagine que la prononciation au Canada, quand elle conserve le g dur initial, se souvient de la prononciation ancienne du mot ou, plus vraisemblablement à mon avis, subit l'influence du voisin anglophone.
     

    danielc

    Senior Member
    French-Canada
    Un prof de sciences naturelles au secondaire, moitié français, 100% francophone, que j'avais pendant plusieurs années a insisté sur cette prononciation. J'ai dit que nous entendons les deux au Canada, et moi dernièrement lundi lors d'une présentation.

    Et B.-les Canadiens français ont plutôt l'habitude d'ignorer leurs grands voisins anglophones, et leurs cousins hexagonaux, en matière de prononciation de mots d'origine française, mais nous tentons plus que vous en France à prononcer plus à l'anglaise des mots d'origine anglaise .
     

    Terio

    Senior Member
    Français (Québec)
    J'ai toujours prononcé (et presque toujours entendu prononcer, il me semble) [ma.ɲe.tik], avec le gn de agneau. La prononciation[ma.nje.tik] étant la version maintenant à la mode en France.

    À mon avis, la prononciation avec [gn], comme dans diagnostic, est soit un hypercorrection, le mot étant quelque peu scientifique, ou une influence de l'anglais.

    (Il me semble qu'on entend de plus en plus d'anglicismes phonétiques au Québec, genre abzorber, rezources...)
     

    Bezoard

    Senior Member
    French - France
    Ce n'est pas une question de mode, c'est juste que bon nombre de francophones (en France) ne savent pas réaliser le ɲ et font nj à la place. Ils n'entendent pas la différence, et d'ailleurs, dans le feu du discours, même ceux qui font la distinction n'entendent pas non plus la différence. Mais cela ressortit à un des autres fils mentionnés par MC.
     

    jekoh

    Senior Member
    Fr - Fr
    Dans l'enquête d'Henriette Walter datant du début des années 1970, aucune des deux prononciations [ɲ] et [nj] n'apparait plus habituelle que l'autre.
     

    Bezoard

    Senior Member
    French - France
    De quelle enquête parlez-vous exactement ? Dans son livre co-écrit avec Martinet, elle ne détaille pas les résultats de l'enquête pour "magnétisme", informateur par informateur. Elle donne donc un résultat théorique. Intéressant de noter que pour "agneau", où pour le coup elle donne les résultats informateur par informateur, les prononciations [ɲ] et [nj] se répartissent moitié-moitié.
     

    jekoh

    Senior Member
    Fr - Fr
    Je cite le cours cité dans l'une des discussions mises en lien par MC. Il se réfère à La phonologie du français, PUF, 1977.

    en position initiale les témoins de l’enquête Walter se répartissent en deux groupes à peu près équivalents (ceux qui prononcent [ɲ] à l’initiale des mots gnangnan, gnocchi, gnognotte, gnôle et gnon, et ceux qui prononcent ces mots comme s’ils avaient la même initiale que le mot niais), et de même en position intervocalique (gagner, etc.),
     

    Bezoard

    Senior Member
    French - France
    Oui, c'est donc bien une description générale mais pas une étude spécifique de la prononciation de "magnétisme".
     
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