mesurant seule le degré de connaissances, de notions, qui ne seraient acquises que par elle

< Previous | Next >

simenon

Senior Member
italien
Bonjour,

Je demande à nouveau votre aide sur un passage de Soifs de M.-C. Blais. Une femme, Renata, qui est un voyage sur un île e qui auparavant (sur l’île, après le départ du mari, mais je ne sais pas combien de temps avant cette scène) a été violé par un jeune homme, écrit un télégramme à son mari Claude qui est rentré chez lui.



« Et Renata vit ces mots qu’elle écrivait à Claude, leur séparation ne serait plus très longue, écrivait-elle, mais qu’était-ce qu’une femme seule mesurant seule le degré de connaissances, de notions, qui ne seraient acquises que par elle, c’était là sans doute la raison de ce parcours disgracieux et souvent humiliant dans les limbes d’une condition féminine si peu sûre d’elle-même, seule, la femme se sentait infructueuse, son corps était menacé de toutes parts, mais ces mots, elle ne les écrirait pas».



Je n’arrive pas à comprendre la phrase en gras. Je ne sais pas si je ne comprends parce qu’il m’échappe le sens qui a ici le verbe « mesurer » ou le verbe « acquérir », ou si la phrase est en effet énigmatique. Je ne sais pas de quelles connaissances, notions elle parle. Est-ce que cela peut avoir un sens général ? J’imagine qu’il y aille une allusion au viol mais je n’en suis pas du tout sûre.

Qu’en pensez-vous ?
 
  • Overjoyed

    Senior Member
    French
    Selon le contexte que vous donnez, il y a en effet probablement une allusion au viol. La question dans cette incise reste énigmatique pour exprimer justement l'indicible
     

    iuytr

    Senior Member
    french
    C'est vraiment confus (il semble que ce soit caractéristique du style de l'auteur au vu des posts précédents) mais je pense qu'on peut aussi comprendre qu'il s'agit de connaissances et de notions propres à la/sa condition féminine avec le viol comme déclencheur de ce chemin.
    Acquises que par elle , son mari (ou un homme) ne peuvent vivre les mêmes choses, acquérir ces mêmes connaissances. De même ce sentiment de menaces sur son corps. Seraient acquises peut alors se comprendre parce qu'il ne s'agit pas d'une seule expérience mais d'un ensemble dans le temps et mesurer peut se comprendre comme une compréhension, une appréhension, au deux sens du terme, du parcours passé et surtout à venir.
     

    simenon

    Senior Member
    italien
    Merci Iuytr, je pense que vous avez raison, mais en vérité le sens encore m'échappe. Elle est en train d'écrire à son mari et soudain, je crois, elle se demande ou se dit quelque chose. Qu'est-ce qu'elle se demande/se dit? Est-ce qu'elle se demande quel est le sens d'une femme (comme elle) seule qui mesure/essaie de comprendre ses connaissances, son parcours...? Ou est-ce qu'elle se demande quel est le sens pour une femme (mesurant etc) d'écrire à son mari, qui est un homme et qui ne peut vivre les mêmes choses, acquérir ces mêmes connaissances...? Ou encore: quelle importance peut avoir une femme qui... (et donc pourquoi écrire tout cela au mari)? Ou aucune des trois? Enfin, évidemment j'ai du mal à comprendre aussi ce " qu’était-ce qu’une femme "
     

    iuytr

    Senior Member
    french
    j'ai du mal à comprendre aussi ce " qu’était-ce qu’une femme "
    Je pense que c'est une construction similaire à "que suis-je pour penser que/dire que ..."une façon de dire: je ne suis pas qualifié pour ...je n'ai pas de légitimité pour ...." peut-être une pensée qu'elle s'adresse à elle même puisque l'auteur semble décrire en direct ce qui se passe dans la tête des personnages avec toutes les imprécisions, les passages du coq-à-l'âne, les ébauches de pensée ...

    Pour le sens global, je ne vois pas d'autre moyen d'expliquer que de retranscrire mon interprétation (à prendre avec précaution donc, c'est confus et je simplifie des hypothèses), elle est en train d'écrire et de penser à ce qu'elle va écrire ensuite:

    Qui suis-je, 1/ une femme seule, 2/seule devant certaines connaissances qui se profilent (seraient), 3/ qui ne peuvent être comprises que par moi, (en gros triplement seule), ce qui explique que dans ce parcours pénible et flou (limbes) de découverte de ma condition féminine, je ne suis pas sûre de moi, je suis seule (encore !), je n'arrive à rien, je ne sais pas où je vais(infructueuse), j'ai peur(corps menacé), mais je ne peux pas l'écrire à mon mari.

    Le tout mis à la troisième personne du singulier.

    :confused:
     
    < Previous | Next >
    Top