pâté de mousquetaire

giuseppegg

Senior Member
Italian
Bonjour, dans un petit roman d'un auteur qui a un style à mes oreilles particulièrement "difficile", je trouve:

"Hélène me servait son perpétuel jambon, ses pâtés de mousquetaire".

Aucune idée - hélas - de l'image sousjacente... Hélène est la patronne de Chez Hélène; d'elle l'on sait qu'elle a des "charcutailles de haute époque" (c'est la première chose qu'elle donne à manger au héros).

Pourriez-vous m'aider à mieux comprendre?
merci ggg
 
  • Piotr Ivanovitch

    Senior Member
    Français
    Hypothèses :
    1 - il s'agit de nourriture « ordinaire » (son perpétuel jambon) ;
    2 - peut-être servie à des habitués du boui-boui : les mousquetaires.

    Fin des hypothèses... C'est peu ! d'autant plus que je n'ai pas trouvé d'occurrence dans GGL livres.
     

    giuseppegg

    Senior Member
    Italian
    merci bien! (le problème pour moi serait de rendre en traduction l'allusion...) (pourquoi précisement les mousquetaires à votre avis?)
     

    nicduf

    Senior Member
    français
    Le pâté de tête de porc est une spécialité du sud ouest de la France, la Gascogne , et de nombreux mousquetaires étaient gascons comme le plus connu d'entre eux D'Artagnan.
     

    jprr

    Mod Este ® FrEs
    Bonjour,
    Je pense que la plupart d'entre nous ne savent rien du pâté en question avant d'avoir visionné les archives de "la cuisine de Maïté", mais peu importe...
    L'important me semble-t-il est ce que cela évoque indépendamment de la recette précise.
    effectivement beaucoup de mousquetaires étaient gascons - une région où "on mange bien" (et beaucoup), une cuisine roborative, grasse et aux odeurs fortes (ail, oignon, herbes diverses etc...) - les charcutailles "haute époque" vont dans le même sens.
    -
    Pour mémoire, un autre Gascon : Henri IV était réputé pour ses odeurs personnelles parfumées à l'ail...
     

    giuseppegg

    Senior Member
    Italian
    Merci Nicduf, je vais donc rendre d'une façon transparente, merci encore GGG;
    merci à tous; je ne vois que maintenant la réponse de jprr: oui, c'est très important donner une solution (en italien, dans mon cas) qui soit immédiatement évocatrice. Grazie GGG
     

    Locape

    Senior Member
    French
    Tout dépend quand a été écrit ce livre, si c'est avant 1983, il ne peut pas y avoir de références à l'émission télévisée 'La Cuisine des Mousquetaires' de Maïté. Je dirais 'un pâté traditionnel gascon'.
     
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    Nicomon

    Senior Member
    Français, Québec ♀
    Extrait de cette page :Pierre Michon : la grande Beune… la grande daube.
    Le livre en question aurait été publié en 1996 et l'histoire se passe à Castelneau.
    « Hélène me servait son perpétuel jambon, ses pâtés de mousquetaire ; mon désir n'avait pas décru, il me pesait au ventre pendant que je mangeais. Je battais la campagne, je passais les bornes. J'imaginais, dans la salle sang de bœuf aux odeurs de mégot, de futaille, de salpêtre, tous les buveurs partis vers la nuit noire à quoi nul ne résiste, la buraliste cédant aussi à cet appel, se dressant sur son lit, jetant son imper sur son dos pour accourir là en tordant ses chevilles sur ses hauts talons, la reine, entrant comme le vent, à deux mains tremblantes ouvrant l'imper, et, à ma seule disposition sous l'œil réfléchi d'Hélène derrière son comptoir, jetée nue sur les tables posées, sur le flipper éteint, y secouant ses sequins, y perdant ses yeux blancs, dans toutes les postures enfin où se puissent le plus largement connaître son poil corbeau, ses cuisses orgeat, ses fesses de nacre, jouissant immodérément sous un renard, ses cris d'orfraie tombant, dévalant la falaise, étonnant les braconniers accroupis sur la Beune ».
    Comme on dit au Québec : Il en a fumé du bon ! :rolleyes:
     

    giuseppegg

    Senior Member
    Italian
    En italien on dit la même chose... De toute façon, celle-là n'est pas la première version. Merci Nicomon: je vois que le perpetuel jambon et les pâtés de mosquetaire y retournent. GGG
     

    SergueiL

    Senior Member
    Français
    Dans la version de 1996, on trouve au début du premier chapitre ce passage qui prépare la survenue du pâté de mousquetaire du deuxième chapitre :
    Je lui demandai à dîner ; elle s’excusa modestement de ses fourneaux éteints, de son grand âge, et me servit à profusion de ces choses froides qui dans les récits tiennent au corps de pèlerins et de gens d’armes, avant que dans leur corps ne passe le fil d’une épée, à la traverse d’un gué tout noir et plein de lames. Du vin là-dessus, dans un gros verre, pour affronter mieux les lames. Je mangeai ces charcutailles de haute époque ;
    L’imagination du narrateur transforme ce restaurant d’hôtel en une auberge tout droit sortie d’un roman de Dumas. Pâté de mousquetaire ne ferait donc pas référence à une recette ou une spécialité régionale, ce serait une appellation personnelle fantaisiste du narrateur, peut-être aussi influencée par la réputation de bons vivants des mousquetaires (merci Athos).

    A noter que les fourneaux éteints et le grand âge s’avèrent être des prétextes, en fait elle ne sert toujours que de la charcuterie.
     
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