patte/pâte, malle/mâle, Anne/âne, etc. - prononciation : [a] / [ɑ]

Thomas1

Senior Member
polszczyzna warszawska
Est-ce que vous prononcez les mots suivants pareil ?
  1. patte malle Anne
  2. pâte mâle âne
Y-a-t-il une difference ?


Merci d'avance,
Thomas
 
  • geostan

    Senior Member
    English Canada
    En principe, oui, mais...

    A propos, il n'y a pas de trait d'union entre Y et a. Y a-t-il...?
     
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    Anne345

    Senior Member
    France
    Je vous assure que quand on m'a traitée d'âne, j'ai très nettement entendu la différence avec mon prénom !
    Cette différence a/â s'entend bien, au moins par chez moi.
     

    CABEZOTA

    Senior Member
    french
    Deux sons vocaliques qui sont en passe de disparaître en français, parce que trop proches et ayant un rendement trop faible (ils ne servent pas à distinguer suffisamment de mots... bien que toutes les Anne aient grand intérêt à ce que perdure la distinction avec âne!!

    Mâle/malle (pâle/pale...)

    et

    Brun/brin (emprunt/empreint...)

    Dans chaque couple, le premier son s'articule plus en arrière de la bouche et est plus fermé que le deuxième. C'est donc le deuxième, plus facile à prononcer, qui tend à être prononcé dans tous les cas...

    Adieu, beaux mâles bruns... Si les beaux brins de filles se font aussi la malle, on va se retrouver bien seuls.

    Toutefois, j'ai remarqué que dans certains cas, on continue à prononcer la voyelle antérieure dans la mesure où elle possède des vertus expressives : on entend presque toujours bien le "â" du mot gâteux, par exemple, rarement prononcé comme dans chapeau, peut-être parce que ce "â" un peu excentrique, qui détonne dans le mot, fait bien écho à la définition de la personne gâteuse, qui détonne aussi dans son environnement...
     

    Quebeca

    New Member
    French - Québec, Canada
    Tomas, je pense qu'il n'y a à peu près qu'au Québec où l'on marque beaucoup la différence entre ces voyelles. Ici malle et mâle, patte et pâte, impossible de confondre ! Nos cousins français aussi les prononcent avec une petite différence. Si tu fais un google sur "facteurs internes de variations phonétiques" il y a une page avec quelques extraits sonores qui pourraient t'intéresser, entre autres "patte/pâte".
     

    Francois114

    Senior Member
    French - France
    La différence d'articulation décrite par Cabezota (a "d'avant" et a "d'arrière") est, de plus, souvent redondante avec une différence de longueur, bien perceptible, chez certains locuteurs pour l'opposition patte / pâte, ce dernier prononcé nettement plus long.
    Un ami et collègue linguiste m'a fait un jour remarquer que je prononçais "barrière", "carrière" avec un a "d'arrière". C'est un trait régional, incontestablement, mais dont jusque-là je n'avais pas conscience, preuve que cette distinction n'est plus très vivante en français (comme dit Cabezota à juste titre, plus très rentable).
    Pour les Québecois, et sans jugement de valeur aucun, encore un signe de la tendance "conservatrice" de leur parler...;)
    François
     

    CABEZOTA

    Senior Member
    french
    Tomas, je pense qu'il n'y a à peu près qu'au Québec où l'on marque beaucoup la différence entre ces voyelles. Ici malle et mâle, patte et pâte, impossible de confondre ! Nos cousins français aussi les prononcent avec une petite différence. Si tu fais un google sur "facteurs internes de variations phonétiques" il y a une page avec quelques extraits sonores qui pourraient t'intéresser, entre autres "patte/pâte".
    Vous avez raison, on entend bien les deux, mais ce n'est pas que les Québecois distinguent deux sortes de "a" : simplement, à la différence du français de France, le français du Québec est très chantant et marque fortement des accents toniques sur les mots, comme l'anglais : ils prononcent le "â" antérieur, plus long et plus fermé, lorsque le son "a" se trouve sous l'accent. Vous entendrez pa exemple : "réclâmer", "pâsser", "viens me jâser", par opposition à "facile", "rapide".

    Il se trouve que le "â" occupe cette place dans les mots "gâteau", "château", par exemple.

    Tout n'es pas conditionné par l'acent tonique, quand même : Il y a clairement des cas où les Québecois marquent la différence sur un même mot entre "a" ouvert et "â" antérieur long : c'est le cas pour la prononciation de "faire des pâtes" / "J'ai mal aux pattes"
     

    zortor

    New Member
    france- french
    bien sûr il ya une différence !!! en france on "traine" plus sur un 'â' que sur un 'a' simple...
    d'ailleurs "mâle" sera prononcé "maal" alors que "malle" sera prononcé comme "mal"
    personnellement je préfère que mon homme soit un "mâle" plutot qu'un "mal "... Il n'y a pas de confusion possible à l'oral.
    de même , manger des pattes et manger des pâtes ce n'est pas la même chose et ça s'entend; si vous dites "j'ai mangé des pattes" on vous demandera "des pattes de quoi ? " alors que pour des pâtes on vous demandera "des pâtes à quoi ?"..........
    encore plus précisément , l'effet de double consonne après le "a" de patte/Anne/malle rend le "a" encore plus bref alors que l'accent ^rallonge le a ..........
     

    jadeite_85

    Senior Member
    italian, slovene
    Je voudrais savoir la différence entre le son "a postérieur" et le son "a antérieur"? Tous mes professeurs m'ont dit qu'il n' y a plus de differences entre les deux sons et que seulement les acteurs du théâtre prononcent les deux sons correctement.
    Mais il est important pour distinguer les mots patte et pâte par exemple.
     

    Fred_C

    Senior Member
    Français
    Bonjour,

    Voici ce que je pense de cette différence de prononciation :

    Je suppose que vos professeurs sont français, et je crois qu'ils ont une vision erronée de leur propre langue.
    Cette différence existe bel et bien, mais elle change.
    Le A postérieur de "pâte" est non seulement antérieur, mais on peut aussi le prononcer un peu plus long dans certains mots.
    Il a existé une certaine classe sociale (bourgeoise ou noble) de la population qui accentuait cette différence d'une manière assez exagérée. Dans l'esprit des français, cette différence de prononciation s'est retrouvée être une idée liée à un signe d'appartenance à cette classe sociale précise. Avec l'évolution de la société, et le développement de la classe moyenne, cette prononciation toute particulière du A postérieur s'est faite plus rare.
    Les gens peu conscients de leur propre langue (française) ont cru que c'était toute la différence entre ces deux phonèmes qui disparaissait, alors que c'est simplement une prononciation très particulière qui se fait plus rare.
    Cette fausse idée a vraisemblablement peut-être été accentuée par un désir de voir disparaître cette classe ?

    Dans certaines régions de France, l'absence de différence est une caractéristique d'un accent régional, mais ce n'est pas le cas du français standard.

    En français standard, le A postérieur est toujours prononcé en un lieu d'articulation plus en arrière (dans la gorge) que le A antérieur. Mais les différences de longueur ne sont plus un élément différenciateur.
     

    CapnPrep

    Senior Member
    AmE
    Je voudrais savoir la différence entre le son "a postérieur" et le son "a antérieur"?
    On en parle dans ces deux fils (entre autres) :
    […]
    Simple French words with the sound of "a" in "father." (FEV)

    Je ne peux pas savoir combien les professeurs de jadeite_85 sont conscients de leur propre langue, mais à leur place je n'insisterais pas non plus sur cette distinction, vu qu'en dehors des mots (d'une certaine fréquence) écrits avec <â> en syllabe finale, les locuteurs du français standard sont loin d'être d'accord entre eux sur les endroits où il faut prononcer [ɑ] au lieu de [a].
     
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    TitTornade

    Senior Member
    Il a existé une certaine classe sociale (bourgeoise ou noble) de la population qui accentuait cette différence d'une manière assez exagérée. Dans l'esprit des français, cette différence de prononciation s'est retrouvée être une idée liée à un signe d'appartenance à cette classe sociale précise. Avec l'évolution de la société, et le développement de la classe moyenne, cette prononciation toute particulière du A postérieur s'est faite plus rare.
    Les gens peu conscients de leur propre langue (française) ont cru que c'était toute la différence entre ces deux phonèmes qui disparaissait, alors que c'est simplement une prononciation très particulière qui se fait plus rare.
    Bonsoir,
    C'est amusant que tu associes la distinction de ces deux "a" à la "haute société"... Ici, en Lorraine, la disctinction entre les deux sons est encore très fréquente et plutôt associée aux gars et aux filles de la campagne ou au monde ouvrier (je suis issu des deux...).
     
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    Nanon

    Senior Member
    français (France)
    Je suppose que vos professeurs sont français, et je crois qu'ils ont une vision erronée de leur propre langue.
    Cette différence existe bel et bien, mais elle change.
    En fait, il y a un certain consensus des professeurs de français langue étrangère pour ne pas enseigner cette différence (surtout s'ils sont français), pour plusieurs raisons :
    • parce que cette opposition disparaît du français parisien de classe moyenne ou supérieure ainsi que de la langue des médias, des variantes souvent assimilées au français standard. Si on écoute la radio ou la télévision françaises (ce qui est bien pratique pour apprendre), on n'entendra probablement pas la différence ;
    • parce que cette opposition s'est perdue dans plusieurs variantes régionales (ou aussi sociales), mais que la neutralisation n'empêche pas les francophones de se comprendre : la plupart du temps, on peut différencier pâte de patte par rapport au contexte ;
    • hélas, cette neutralisation cause bien des fautes d'orthographe y compris chez les francophones : "faire cuire des pattes dans l'eau bouillante salée" ne donnera pas le même résultat (culinaire) que d'y "faire cuire des pâtes" :D ;
    • de ce fait, comme l'opposition [ɑ] / [a] perd de sa valeur distinctive, autrement dit qu'elle ne représente pas un obstacle à la compréhension, les professeurs de français langue étrangère ne l'enseignent pas en priorité. Ou pas du tout. Ils ont souvent suffisamment de fil à retordre avec [u] / [y] ou avec les voyelles nasales... :p
    • parce que ces mêmes profs ont peur (eh oui) que leurs étudiants apprennent des variantes socialement ou régionalement connotées et qu'on leur dise plus tard, par exemple : "tiens, tu as appris le français avec un Lorrain !" (Tit't, je n'ai rien contre la Lorraine... j'ai habité Nancy quand j'étais petite...)
    • parce que cette différence est maintenant surtout provinciale, or une certaine mentalité centraliste prévaut souvent en France...
    • parce que dans les médias, sur la scène ou ailleurs, les oreilles d'aujourd'hui ne sont plus vraiment habituées à cette prononciation. Jusque dans les années 60, les acteurs et les présentateurs avaient tendance à articuler d'une façon très marquée, souvent avec des [ɑ], voire des [ɑ:], très différenciés par rapport à [a]. D'ailleurs, les voyelles longues sont généralement assez caractéristiques des actualités de l'époque... Ce doit être ce à quoi pensent les profs de Jadeite quand ils parlent des acteurs de théâtre, mais ils devraient aller à la Comédie-Française pour entendre à quel point la déclamation a évolué... :)
     

    freelancetranslator

    New Member
    French/Spanish native. English
    Il y a une grosse difference entre les generations... Cette difference entre les deux sons tend a disparaitre (je ne fais personnellement presque aucune difference). Mais les generations d'avant la font toujours.
    Si vous voulez vous-memes (non francophones) le constater, regardez une video/extrait de television francaise (ou film) dans les annees 60, et la television maintenant. La difference est flagrante.
     

    LV4-26

    Senior Member
    Juste une tout petite réserve : les comédiens avaient des leçons de dictions et étaient entraînés à bien prononcer les sons. Quand je prenais des cours d'art dramatique dans les années 70, je me souviens que le professeur nous faisait prononcer mauvais en exagérant la fermeture du [o] et l'ouverture du [e]. Je précise que, déjà à l'époque, cela me semblait exagéré et limite ridicule.

    Si la différence est sans doute flagrante entre les acteurs d'hier et ceux d’aujourd’hui, elle doit l'être moins s'agissant de Monsieur-Tout-Le-Monde.
     

    Maître Capello

    Mod et ratures
    French – Switzerland
    Non, pas du tout. Le circonflexe marque plutôt un s qui a disparu. Il existe d'ailleurs bien des a sans accent qui se prononcent habituellement [ɑ:] et des â qui se prononcent habituellement [a], par exemple: case, râler. Et enfin, la prononciation varie d'une région à l'autre et ne saurait relever de la graphie seule, raison pour laquelle j'ai dit «habituellement» dans la phrase précédente…
     

    Maître Capello

    Mod et ratures
    French – Switzerland
    Non, comme je l'ai dit, ce n'est pas forcément le cas. Il y a des a qui se prononcent exactement comme des â. Par exemple, les a de base et de âme se prononcent de la même façon.
    Si, un peu, quand même : Un ‹â› en syllabe accentuée se prononce [ɑ] dans la langue standard. C'est mieux que rien…
    Le plus souvent en effet, mais pas toujours. Exemple: bâbord se dit [babɔ:ʁ] et non [bɑbɔ:ʁ]…
     
    Last edited:

    Maître Capello

    Mod et ratures
    French – Switzerland
    Tout dépend comment tu définis «syllabe accentuée»… Je pourrais tout à fait dire bord en mettant l'accent sur la première syllabe.

    Quoi qu'il en soit, tout ce que je voulais dire, c'est que la graphie ne reflète pas forcément la prononciation. Et donc, non, l'accent circonflexe ne sert pas à «marquer la différence de prononciation»…
     

    CapnPrep

    Senior Member
    AmE
    D'accord, je crois que michalon a compris son erreur et ne recommencera pas. :rolleyes: Tout ce que je voulais dire, moi, c'est que l'orthographe reflète bien la prononciation standard dans le cas des mots comme pâte, âge, tâche, mât, etc. [Appelle cette syllabe comme tu veux.] Il ne faut pas essayer d'étendre cette règle aux autres ‹â›, ni en inférer quoi que ce soit pour les ‹a› écrits sans accent, mais pour les apprenants — qui doivent mémoriser en même temps l'orthographe et la prononciation de chaque mot — toute généralisation, même partielle, est bonne à prendre.
     

    LV4-26

    Senior Member
    En français, c'est normalement la dernière syllabe qui est (légèrement) accentuée.
    Si j'entendais quelqu'un dire bâbord en accentuant la première syllabe je me demanderais ce qui lui prend.
    Sauf si c'était pour corriger une erreur de prononciation de ma part (bobord, par exemple).
     

    Chimel

    Senior Member
    Français
    Tout ce que je voulais dire, moi, c'est que l'orthographe reflète bien la prononciation standard dans le cas des mots comme pâte, âge, tâche, mât, etc.
    Bien d'accord, sauf pour le dernier exemple: même ici en Belgique, où on a plus tendance qu'en France à respecter (voire, dans certaines sous-régions, à accentuer) d'anciennes différences de prononciation du type pâte/patte, serai/serais ou brun/brin, mât se prononce exactement comme l'adjectif possessif ma. J'ai l'impression qu'il faut que la syllabe soit suivie d'un e muet pour que cette différence de prononciation soit perceptible.
     

    LV4-26

    Senior Member
    Je ne saurais être pris comme référence en matière de prononciation, donc mon témoignage vaut ce qu'il vaut. Mais comme je ne pense pas non plus être un cas unique, je vous le livre quand même, étant entendu que nous sommes dans une perspective descriptive plus que prescriptive. :)

    Quand je m'écoute dire
    Je vais faire des pâtes
    et
    Le chien a mal à la patte

    ...le dernier mot sonne de manière parfaitement identique.
     
    Last edited:

    CapnPrep

    Senior Member
    AmE
    Bien d'accord, sauf pour le dernier exemple: même ici en Belgique, […] mât se prononce exactement comme l'adjectif possessif ma. J'ai l'impression qu'il faut que la syllabe soit suivie d'un e muet pour que cette différence de prononciation soit perceptible.
    La prononciation de référence (indiquée dans le dictionnaire, par exemple) est [mɑ]. L'absence d'une consonne allongeante peut expliquer la tendance à la confusion avec [a] bref. On peut diviser les ‹â› en syllabe finale en trois groupes ; d'un groupe à l'autre, l'opposition [a]/[ɑ] peut être plus ou moins bien maintenue, suivant les variétés.

    • en syllabe ouverte : mât, bât, dégât, appât
    • suivi d'une consonne prononcée : pâte, lâche, âge, blâme, (C'est ici que le [ɑ] résiste le mieux, je pense.)
    • suivi de deux consonnes prononcées : âpre, câble, plâtre, théâtre, …
     

    Maître Capello

    Mod et ratures
    French – Switzerland
    Je fais quant à moi clairement la distinction entre les deux types de a, que ce soit pour patte/pâte, ou ma/mât.

    Il ne me viendrait donc pas à l'idée de faire des «pattes»! :p
     

    JeanDeSponde

    Senior Member
    France, Français
    Ces questions de prononciation m'ont toujours fasciné...
    Je me suis toujours demandé à quoi se référaient les prononciations "standards" indiquées dans les dictionnaires.
    Qui les a transcrites, et à quelle époque ?
    Aucun dictionnaire (cad aucun des miens) ne donne la moindre information à ce sujet.
    De plus, on ne sait pas si ce sont des prononciations conseillées ou constatées...

    Sur la prononciation constatée : ce fil a clairement montré qu'il n'y avait pas deux personnes qui prononçaient pareil.
    Et dire qu'il s'agit d'une question de lieu ou d'époque me semble un peu rapide - je suis moi-même le résultat de multiples lieux & époques (ceux des nombreuses personnes que j'ai fréquentées de près, plus la radio, la télé etc.)
    J'envie (;)) ceux qui peuvent se revendiquer d'une oralité précise...!
     

    JeanDeSponde

    Senior Member
    France, Français
    CapnPrep, merci pour l'autre fil, et pour la préface du TLF. Elle est très intéressante et elle m'avait échappée.

    Les sources phonétiques modernes du TLF sont donc quatre ouvrages plutôt anciens (de 1959 à 1968), et le Petit Robert, le tout complété, par manque d'argent, par une extrapolation d'une enquête réalisée auprès de 25 (!) élèves-ingénieurs de l'Ecole des Mines de Nancy par "un enquêteur unique [garantissant] l'unité du point de vue et de la méthode".

    Et le Petit Robert, me dira-t-on ?
    Dans le cas de réalisations phonétiques multiples, nous avons choisi de noter une seule des variantes possibles, de préférence la plus conforme à la prononciation récente des locuteurs urbains éduqués d’Ile-de-France et de régions voisines, en espérant ne pas choquer les utilisateurs d’usages plus anciens, ruraux ou [régionaux]
    On ne saurait dire plus clairement que la phonétique du Robert ("langue standard") retranscrit la langue telle qu'elle est prononcée dans les couloirs de cette institution...

    Ces dictionnaires retranscrivent donc une très faible proportion des variantes existantes, le choix étant assez arbitraire.
    Et ne pense pas qu'on puisse parler de prononciation "correcte" ou "recommandée" pour les francophones, sauf à toujours insister pour ne voir qu'une seule tête.
    Par contre, pour les apprenants du français, ces prononciations me semblent recommandées, en ce sens qu'elles sont passe-partout, seront comprises de tous.
    Mais que les apprenants ne soient pas trop surpris des variations qu'ils rencontreront...
     

    danielc

    Senior Member
    French-Canada
    Titre original : Le "â", est-ce que sa prononciation distincte disparaît en Europe et l'Afrique ?

    Considérons:

    bateau et gâteau

    plateau et château

    tache et tâche

    attaché et fâché

    Le â est distinct au Canada. Mais à mes oreilles, beaucoup de Français, et ceux sous leur influence :) , font rimer les exemples ci-dessus. Ai-je raison? Qu'est-ce qu'on en pense? Plus la peine de lutter contre cela?
     

    snarkhunter

    Senior Member
    French - France
    Bonjour,

    Il est vrai que, dans l'usage courant, cela me semble faire assez longtemps que l'accentuation a disparu, si bien qu'on ne distingue plus vraiment "a" de "â". Sauf dans quelques cas très rares ou pour des effets ironiques/comiques (le fait de forcer l'accent circonflexe étant encore souvent assimilé à une diction "précieuse", telle que dans les classes sociales supérieures, par exemple).

    Toutefois, la distinction est nécessaire pour que le sens de certains quasi-homonymes puisse être compris sans ambiguïté (ex. : tache / tâche).
     

    tilt

    Senior Member
    French French
    Je n'ai pas vraiment le sentiment que la différence disparaisse autour de moi.
    Il est vrai que la nuance n'est pas toujours très marquée dans le cas des mots se terminant en -teau, mais je la fais nettement entre tache et tâche ou entre attaché et fâché.

    Ce qui est certain, en tout cas, c'est qu'il est vain de vouloir "lutter" contre les évolutions de la langue, même celles qui nous hérissent le poil. :D
     
    Last edited:

    danielc

    Senior Member
    French-Canada
    Il y a des a qui se prononcent exactement comme des â. Par exemple, les a de base et de âme se prononcent de la même façon.
    Les Canadiens peuvent prononcer base avec un a épais, et âme aussi. Les a donc prononcés de la même façon.Mais pas comme vous.

    Donc l'âme peut être prononcée comme lame, ou avec un a épais.

    Même chose avec âge. Cela peut être question d'une vielle prononciation que l'on conserve au Canada
     

    danielc

    Senior Member
    French-Canada
    Et une toute petite digression:
    À l'oral, au Canada, on peut distinguer entre les trois "a" de:

    La fille fâchée est là.

    La possibilité de trois prononciations pour les "a" dépend du Canadien en question.
     

    Nicomon

    Senior Member
    Français, Québec ♀
    […]
    Que la nuance soit marquée ou non dans château et gâteau ne porte pas vraiment à confusion : on comprend le même mot.
    Entre tache et tâche... à l'oral c'est le contexte qui le dit. Mais j'ai souvent eu à corriger : Taches et responsabilités. :rolleyes:
    La fille fâchée est là.
    La possibilité de trois prononciations pour les "a" dépend du Canadien en question.
    En effet, ça varie d'un Québécois/Canadien à l'autre. Moi par exemple, je ne sens pas vraiment de nuance entre le â de fâchée et le à de .
    Je prononce les deux en : [ɑː] (postérieur) - C'est ma pronociation générale que je mets en bleu.

    Voulais-tu parler des diphtongaisons ? Comme dans : pâte = /pɑːt/→[pɑʊ̯t],
    Ou du à que certains (ça m'arrive) prononcent à peu près comme le « o » de lors? Comme dans : « là » /la/[lɑː] ~ [] ?
     
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    danielc

    Senior Member
    French-Canada
    Oh! le â diphtongué! Quatre façons de prononcer le "a" chez nous! Je dirais, venant juste de manger des pâtes italiennes, que j'utilise le a diphtongué avec pâtes plus souvent qu'avec fâché.

    Pour là, comme tu le décris, " (le tutoiement est facile avec les Canadiens :)) " prononcent à peu près comme le « o » de lors? Comme dans : « là » /la/→[lɑː] ~ []"

    Mais l'important ici est "à peu près". Ce [], a une voyelle plus lourde, un ton un peu desendant. Dis 5 fois, en prononciation populaire, relâchée :"Le port est là" Tu entendras la différence entre le o de port, et le à de là.
     

    Nicomon

    Senior Member
    Français, Québec ♀
    Bien d'accord pour ce qui est du « â » de pâtes plus diphtongué que celui de fâché, qui est simplement postérieur.

    Je pensais par exemple à « Ah ben là! ». Mon exemple de « lors » était mal choisi (je réfléchis mal après minuit :rolleyes:).

    Je ne sais pas trop comment l'écrire en alphabet phonétique, mais ça sonne comme "law" en anglais.
    On entend parfois ce même aw dans fâché, justement.
     
    Last edited:

    chercheuse

    Senior Member
    Spanish Costa Rica
    Bonjour,
    Pour les natifs français qui font encore la différence entre "pâte"[pɑ:t] et "patte"[pat], même si ces deux "a" sont ouverts, lequel d'entre les deux serait plus ouvert que l'autre (ou lequel d'entre les deux serait plus fermé que l'autre à l'heure de prononcer: [ɑ] ou [a] ?
    Un grand merci d'avance pour votre aide;);)
     

    Bezoard

    Senior Member
    French - France
    Je (Parisien) fais une nette différence entre les deux "a", en tout cas quand je prononce les mots séparément. Il n'est pas sûr que cette différence s'entende toujours aussi bien dans le feu du discours.
    Pour moi, si je ne me trompe pas sur les notions d'ouverture, c'est le "a" de "patte"[pat] qui est plus ouvert que celui du "pâte"[pɑ:t]. Mais je décrirais volontiers le second son comme plus emphatique, plus rond que le premier.
    Je vois que les phonéticiens le décrivent comme plus postérieur que le premier. Ça me va bien.
    Le système vocalique - Page 2
    (on peut entendre ces voyelles avec ce lien)
    http://andre.thibault.pagesperso-orange.fr/PhonologieSemaine7.pdf
     

    JClaudeK

    Senior Member
    Français France, Deutsch (SW-Dtl.)
    plus postérieur
    Effectivement, avec "antérieur" (le dos de la langue se situe vers l'avant de la bouche) et "postérieur" (le dos de la langue se situe vers l'arrière de la bouche) on pourra peut-être mieux s'entendre.*
    Dans Le système vocalique - Page 2
    Le [a] de patte est désigné comme "antérieur"
    et le [ɑ] de pâte comme "postérieur",
    ce avec quoi je suis d'accord.

    *En fait, ici les deux voyelles sont décrites comme "ouvertes":
    Voyelle ouverte antérieure non arrondie **[a]
    Voyelle ouverte postérieure non arrondie [ɑ]

    ** Son caractère de rondeur est non arrondi, ce qui signifie que les lèvres ne sont pas arrondies.
     
    Last edited:

    chercheuse

    Senior Member
    Spanish Costa Rica
    Merci à tous, mais comme les avis sont différents et que JClaudek a édité sa première réponse ça me fait hésiter beaucoup...
    Quelqu'un pourrait me confirmer si donc la réponse finale serait celle-ci (le contraire du post édité de JClaudek)?
    1) "pâte"[pɑ:t] \pɑt\ - "a" plus fermé
    2) "patte"[pat] \pat\ - "a" ouvert
    Un grand merci à tous si vous pouvez m'éclairer et me le confirmer
     

    Xenoxip

    New Member
    Français - France
    Bonjour. Tout d'abord chercheuse, la différence entre /ɑ/ et /a/ ne réside pas dans l'ouverture de la bouche, elles sont considérées comme ayant la même bien qu'évidemment les variantes phonétiques peuvent rendre leurs ouvertures différentes. La différence réside dans la position de la langue ; à l'avant pour /a/ et à l'arrière pour /ɑ/. Pour savoir si vous prononcez un /a/ ou un /ɑ/ vous pouvez mettre votre index juste derrière vos dents et prononcer "patte" et "pâte" à la suite. Votre langue touchera votre doigt pour /a/ mais pas pour /ɑ/.

    Personnellement cette distinction varie selon les mots, ma langue est bien plus avancée pour "pâte" que pour "pas". Donc pour moi "pâte" et "patte" sont presque homophones mais à mes oreilles "pas" ne rime absolument pas avec "papa".
     
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