que j'ai cru(e) <adjectif> à <infinitif> - accord du participe passé

Discussion in 'Français Seulement' started by Vive la France!!, Apr 17, 2009.

  1. Vive la France!!

    Vive la France!! Banned

    maltais - Malte
    Bonjour!!

    Je crois que dans cette phrase-ci, le verbe "croire" reste invariable car c'est le second qui se rapporte au nom, n'est-ce point?

    "La solution que j'ai cru impossible à trouver"

    MERCI

    Note des modérateurs : Plusieurs fils ont été fusionnés pour créer celui-ci.
     
    Last edited by a moderator: Jan 8, 2013
  2. lilatranslator Senior Member

    Boston USA
    French/Algerian Arabic
    A mon avis on ne met pas de "e" dans "cru" car "croire" est un verbe intransitif et donc il ne prend pas de COD(complément d'objet direct).

    "J'ai cru [que la solution était impossible à trouver]" et non pas " J'ai cru la solution..."
     
    Last edited by a moderator: Jan 8, 2013
  3. 314ns Senior Member

    France
    Français - Bourgogne
    Croire peut être transitif ou intransitif. Il autorise la forme pronominale (cf. Le conjugueur : http://www.leconjugueur.com/php5/index.php?v=croire).

    J'ai cru, quoi ? La solution impossible à trouver.

    Donc accord du verbe avec le COD placé avant le verbe.

    La solution que j'ai crue impossible à trouver.
     
  4. lilatranslator Senior Member

    Boston USA
    French/Algerian Arabic
    Et oui c'est vrai!!! Croire peut être transitif effectivement. Mea Culpa. Je ne sais pas pourquoi j'ai pensé qu'on disait seulement croire à quelque chose ou alors croire en quelque chose et non pas croire quelque chose. Ceci dit je ne suis pas tout à fait convaincue qu'on rajoute un "e" dans ce cas précis.
     
    Last edited by a moderator: Jan 8, 2013
  5. Mauricet Senior Member

    near Grenoble
    French - France
    En googlant "participe passé suivi d'un attribut" on trouve des exemples des deux accords possibles. Aussi bien Je l'ai cru morte que Je l'ai crue morte, et chez de très bons auteurs. Malheureusement le site de l'Académie française n'a pas voulu répondre (surchargé). La balance semble pencher légèrement en faveur de La solution que j'ai crue impossible à trouver.
     
  6. Maître Capello

    Maître Capello Mod et ratures

    Suisse romande
    French – Switzerland
    Selon Grevisse, les deux accords sont possibles :
    En d'autres termes, on peut faire l'accord ou non, mais en général on accordera le participe avec le COD, soit :

    La solution que j'ai crue impossible à trouver.
     
  7. Vive la France!!

    Vive la France!! Banned

    maltais - Malte
    Bonjour!!

    Est-ce qu'on dit:

    1. Une tâche que j'ai crue difficile à faire

    ou

    2. Une tâche que j'ai cru difficile de faire (cette phrase-ci étant formulée à partir de celle-ci:- J'ai cru difficile de faire cette tâche)

    Merci
     
  8. amy92 Member

    French
    Bonjour!

    La 1 me semble meilleure
     
  9. Desmotsàlapage New Member

    Paris
    Français
    Bonjour,

    Cru est invariable. On n'écrira jamais "que j'ai crue" mais toujours "que j'ai cru".

    Par ailleurs, l'usage, après "difficile", est d'utiliser la préposition "à".

    La forme correcte est: une tâche que j'ai cru difficile à faire.
     
  10. geostan

    geostan Senior Member

    English Canada
    En effet, Grevisse dit...

    Le participe des verbes exprimant une opinion (cru, pensé, espéré…) ou une déclaration (dit, affirmé…) est invariable, parce qu’on est contraint de considérer que l’objet direct est la proposition infinitive

    Dans l'exemple fourni, Une tâche que j'ai cru difficile à faire, on peut insérer l'infinitif être après le verbe croire, ce qui donne:

    Une tâche que j'ai cru être difficile à faire. Donc, le participe cru reste invariable.
     
  11. CapnPrep Senior Member

    France
    AmE
    La règle de Grevisse vaut ici pour cru suivi d'un infinitif. Quand l'infinitif est absent, comme dans l'exemple de Vive la France!!, Grevisse se montre plus tolérant (§950). S'il semble toujours préférer l'invariabilité du participe, il reconnaît que « l'usage est assez hésitant » et que « la variabilité prédomine » :
    • Tout le monde l'a crue morte. (Hugo)
    • Des choses qu'on n'aurait pas crues possibles. (Green)
     
  12. geostan

    geostan Senior Member

    English Canada
    D'accord pour les exemples que tu donnes, mais dans les exemples où l'adjectif fait partie d'une expression, comme les romans qu'il a cru difficiles à lire, je penche plutôt pour l'invariabilité.
     
  13. Maître Capello

    Maître Capello Mod et ratures

    Suisse romande
    French – Switzerland
    Je préfère quant à moi faire l'accord par souci de simplicité → Une tâche que j'ai crue difficile à faire. (Pourquoi vouloir en effet rajouter une énième exception à la règle ?)

    […]
     
    Last edited: Jan 8, 2013
  14. Fred_C

    Fred_C Senior Member

    France
    Français
    Je ne suis pas d’accord avec la très ancienne contribution de Me Capello qui dit qu’il s’agit d’une énième exception à la règle d’accord.
    Pour moi, il s’agit simplement de la règle des participes passés dont l’objet est une propositon infinitive.
    Deux exemples :
    «La dame que j’ai entendue jouer».
    «La sonate que j’ai entendu jouer».
    La règle dit que :
    L’objet du participe «entendu» semble être le pronom relatif «que», placé avant. Mais il s’agit en réalité de la proposition relativo-infinitive «que…jouer».
    Si le pronom relatif est sujet de l’infinitif, on accorde : «La dame que j’ai entendu jouer».
    S’il est objet, on n’accorde pas. «La sonate que j’ai entendu jouer».

    L’histoire du verbe croire, c’est simplement un cas particulier. «La faute que j’ai cru faire». (pas d’accord parce que la faute est l’objet de l’infinitif «faire»)
    Comme il est impossible (ou presque, voir plus bas) d’imaginer une phrase du type «La chose que j’ai cru <infinitif>» où la chose serait sujet de l’infinitif, on conclut que le participe cru est toujours invariable, (ou presque, voir plus bas.)

    Les exemples donnés par CapnPrep sont pertinents, parce qu’il n’y a pas d’infinitif, donc pas d’exception à la règle d’accord.
    De plus, même si on ajoute l’infinitif «être», comme l’a suggéré je ne sais plus qui, «La vieille que l’on a crue (être) morte», il convient de remarquer que «la vieille» n’est toujours pas l’objet du verbe être, mais bien son sujet. (Voilà l’origine du «ou presque»).
     
    Last edited by a moderator: Jan 8, 2013
  15. Maître Capello

    Maître Capello Mod et ratures

    Suisse romande
    French – Switzerland
    Sauf que dans le cas présent, l'infinitif dépend d'un adjectif et d'une préposition (difficile à), et non du verbe introducteur comme dans tes exemples, Fred. Il s'agit donc d'un cas différent.

    Une tâche que j'ai cru(e) difficile à faire. → accord facultatif
    Une tâche que j'ai cru faire. → invariabilité obligatoire
     
  16. Fred_C

    Fred_C Senior Member

    France
    Français
    Ben oui.
    La règle s’étend facilement, si on ajoute la phrase que j’ai écrite en italique.
    «Si l’objet antéposé est sujet de l’infinitif, on accorde, s’il est objet, on n’accorde pas ; quel que soit le degré d’imbrication de l’infinitif dans les propositions.»

    Inutile de faire du verbe croire un cas particulier. : On ne fait pas l’accord.
     
  17. Jean-Jean New Member

    français

    Bonjour Fred. Mes souvenirs de linguistique commencent à dater mais je pense que dans ces deux cas on devrait logiquement écrire ceci:
    1) La dame que j'ai entendu jouer, et 2) la sonate que j'ai entendu jouer. Because:

    1) J'ai entendu ce que jouait la dame = dame n'est pas le COD de entendre, celui-ci est implicitement induit par jouer (jouer quoi? Un air de musique). En revanche, "dame" exécute bien l'action de jouer sans toutefois pouvoir être considérée comme sujet de l'infinitif: "entendu jouer" forme ainsi un bloc solidaire impossible à décomposer: c'est une locution infinitive, "entendre jouer" dont le sujet est "dame" et qui a un complément implicite ( la dame joue quelque chose, une sonate par exemple). Dans une locution infinitive, l'accord du participe est neutralisé.

    2) C'est bien la sonate que j'ai entendue, elle est bien COD. Toutefois, comme il ne s'agit pas du verbe "entendre" mais de la locution infinitive "entendre jouer", la règle reste la même: accord du participe neutralisé. Dans ce cas, la locution infinitive a un COD explicite, "sonate", et c'est son sujet qui est implicite, ou plutôt son complément d 'agent. On pourrait dire en effet: la sonate que j'ai entendu jouer par la dame.

    Pour conclure: dans les deux cas, on a la même locution infinitive qui a un COD et un sujet ou agent. Dans le cas 1, l'agent est exprimé et le COD implicite. Dans le cas 2, le COD est exprimé, l'agent implicite. Dans les deux cas, l'accord du participe est neutralisé car il fait partie d'une locution verbale.

    Bien sûr, je ne suis pas certain que ce soit l'usage officiellement admis. Qu'en dîtes-vous?
     
    Last edited by a moderator: Mar 1, 2017
  18. Maître Capello

    Maître Capello Mod et ratures

    Suisse romande
    French – Switzerland
    Bonjour Jean-Jean et bienvenue sur les forums ! :)

    La règle proposée par Fred_C pour l'accord du participe passé devant un infinitif est correcte (contrairement à l'autre cas où un adjectif et une préposition viennent s'intercaler). Lorsque l'antécédent du pronom relatif fait l'action du verbe à l'infinitif, le participe passé s'accorde avec lui. Ainsi, on doit bien écrire la dame que j'ai entendue jouer étant donné que c'est bien la dame qui joue. On peut décomposer la phrase ainsi : la dame que j'ai entendue et qui jouait.

    En revanche, lorsque l'antécédent ne fait pas l'action du verbe à l'infinitif mais est son COD, le participe passé reste invariable. On écrit donc la sonate que j'ai entendu jouer car ce n'est pas la sonate qui entend, mais la sonate qui est jouée.

    Voir aussi le fil je les/l'ai vu(e)(s) + infinitif - accord du participe passé.
     

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