Si un inspecteur municipal venait et qu'il tombait sur nous ?

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Alessa Azure

Senior Member
russe
Bonjour,

Arsène et Normand prennent un train et se dirigent vers le sud. Lorsqu'ils descendent à la dernière station, Normand propose de se cacher dans une zone maritime et Arsène de trouver une vieille maison dans un petit village. Normand refuse :

(…) Si un inspecteur municipal venait et qu’il tombait sur nous ?

Je pense qu'il faut employer l'imparfait dans ce cas. Mais je ne comprends pas : est-ce qu'il s'agit d'une condition irréelle ici ? Normand parle de ce qui pourrait se produire, d'une possibilité. À vrai dire, je ne comprends pas pourquoi vous utilisez le passé pour parler d'évènements futurs, je m'y suis habituée seulement...

Merci
 
  • Locape

    Senior Member
    French
    On pourrait éventuellement utiliser le présent (Si un inspecteur vient et qu'il tombe sur nous ?), mais l'imparfait est plus idiomatique.
    Maître Capello :
    En français, on n'utilise qu'exceptionnellement le conditionnel dans les propositions conditionnelles introduites par si. Le conditionnel après si est le plus souvent incorrect :
    Si je pourrais rentrer à Paris, je n'y verrais que des avantages. :cross:
    Si je pouvais rentrer à Paris, je n'y verrais que des avantages.
    :tick:
    Si + imparfait
    Si on les achetait ?
     

    Maître Capello

    Mod et ratures
    French – Switzerland
    Il faut comprendre :

    Si un inspecteur municipal venait et qu'il tombait sur nous, que ferions-nous ?

    est-ce qu'il s'agit d'une condition irréelle ici ?
    Cette concordance des temps montre la réticence du locuteur à la proposition qui lui est faite. Cette condition n'est donc pas irréelle à proprement parler, mais elle est elle-même sujette à condition. En effet, si Normand refuse la proposition, l'hypothèse deviendra de facto irréelle étant donné qu'il ne courra plus aucun risque de tomber sur un inspecteur.
     

    Bezoard

    Senior Member
    French - France
    (…) Si un inspecteur municipal venait et qu’il tombait sur nous ?
    Je ferai observer que la syntaxe de cette phrase n'est pas conforme à la règle classique qui exige, quand un "que" dit vicariant remplace un "si", que le verbe se mette au subjonctif. Autrement dit, en respectant la concordance des temps à l'ancienne, la phrase rigoureusement correcte est :
    (…) Si un inspecteur municipal venait et qu’il tombât sur nous ?
    et en renonçant à l'obsolète imparfait du subjonctif :
    (…) Si un inspecteur municipal venait et qu’il tombe sur nous ?
     

    Bezoard

    Senior Member
    French - France
    La règle est absolue, ou du moins l'était, mais tout le monde n'observe pas la règle, c'est un fait, et la langue moderne tend de plus en plus à s'en détacher. Toutefois, conservons en mémoire cette observation du Bon usage : « Après que remplaçant si (ou comme si) dans la coordination de propositions conditionnelles, on met, selon l’usage le plus soigné, le subjonctif… Cependant on trouve aussi l’indicatif. »
     

    Alessa Azure

    Senior Member
    russe
    Merci pour vos réponses.

    Par ailleurs, lorsqu’on emploie les locutions si… et que pour éviter la répétition de deux si en tête de deux propositions coordonnées, que est généralement suivi du subjonctif, mais le mode indicatif est admis.
    - Si vous déposez une plainte par écrit et que vous ne receviez (ou recevez) pas d'accusé de réception dans les dix jours… (BDL)
    Lorsque deux subordonnées de condition sont coordonnées, la seconde est généralement introduite par que.
    Si vous en avez l'occasion et que cela vous fait plaisir, passez nous voir. (Reverso)
     
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