Un accusé est cuit quand son avocat n'est pas cru

papamac

Senior Member
Je viens d'entendre cette citation de Pierre Dac :

"on dit qu'un accusé est cuit quand son avocat n'est pas cru"

Je vois bien le jeux de mots sur cuit/cru et sur avocat - mais quel est le sens de 'cru' pour l'avocat (celui qui plaidoye plutôt que celui qui se mange) ? C'est le participe passé de croire ou bien est-ce que c'est un autre sens de l'adjectif ?

Paul
 
  • DearPrudence

    Dépêche Mod (AL mod)
    IdF
    French (lower Normandy)
    Bonjour Paul,

    "son avocat n'est pas cru" = les gens ne le croient pas", du verbe "croire" donc.
     

    Maître Capello

    Mod et ratures
    French – Switzerland
    Il n'y a à mon avis pas vraiment de jeu de mots pour avocat. Il s'agit ici seulement de la personne exerçant cette profession, sans référence au fruit.

    Il y a en revanche bien un jeu de mots pour cru qui peut en effet être le participe passé du verbe croire ou l'adjectif cru, contraire de cuit.
     

    Roméo31

    Banned
    français - France
    [...]
    Cette phrase joue à la fois sur le double sens de "avocat" et sur celui de "cru".

    En effet, "On dit d'un accusé qu'il est cuit quand son avocat [le fruit] n'est pas cru (adj.) joue avec "On dit d'un accusé qu'il est cuit quand son avocat [son défenseur] n'est pas cru (pp de "croire") ".

    Voici un autre jeu de mots du même auteur, qui joue aussi sur les doubles sens des deux vocables en gras : "Au prix où sont les crus, combien coûtent les cuites ?".
     
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    SergueiL

    Senior Member
    Français
    Le jeu de mots ne porte pas sur "avocat", je rejoins Maître Capello.

    D'abord, à l'époque où Pierre Dac sévissait, je ne crois pas qu'on trouvait beaucoup d'avocats sur les étals des marchés, le double sens n'aurait été spontanément compris que d'une poignée de privilégiés. Mais cela reste à vérifier.

    Quoi qu'il en soit, l'avocat cuit ou même servi chaud c'est inexistant (parce qu'immangeable), donc dans avocat qui n'est pas cru, "avocat" ne peut jamais être compris autrement que dans le sens de "défenseur". De plus, la structure même de la plaisanterie serait déséquilibrée car "accusé" n'a pas de double sens : les deux éléments du couple cuit/cru ont un double sens, pour un seul élément du couple accusé/avocat.

    Bref, si on imagine que le trait d'humour porte aussi sur le double sens d'avocat, la répartie de Pierre Dac rend un son plat, elle fait "poc !" alors qu'à l'inverse, elle fait "ting !"
     

    Reynald

    Senior Member
    Français - France
    J'avais aussi un doute à cause de l'improbable avocat cuit que cela impliquait.
    Difficile de ne pas être définitivement convaincu par les arguments en béton de SergueiL. :)
     

    snarkhunter

    Senior Member
    French - France
    [...]
    Pour être assez familier de "l'oeuvre" de Pierre Dac depuis une trentaine d'années, je suis convaincu que le seul jeu de mots délibéré portait bien ici sur cuit/(cru/croire). Le jeu de mots chez Pierre Dac est rarement "à double détente" et constitue presque toujours un coq-à-l'âne, un détournement du sens premier au profit de celui du synonyme, etc. Mais les subtilités de la "charade à tiroir" n'étaient guère dans ses habitudes. Il avait certes le verbe spirituel, mais tout de même assez "terrien" (... par opposition à "sur-intellectualisé").

    Bref, je ne crois pas un instant à la plausibilité de l'hypothèse !
     
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