un prix prestigieux qui récompense un film d'auteur, mais dont le jury

Vive la France!!

Banned
maltais - Malte
Bonjour!!

Les phrases suivantes me semblent un peu étranges. C'est le pronom relatif dont qui a attiré mon attention. Je ne parviens pas à comprendre son emploi dans ces deux phrases:

Les voici :

Il s'agit d'un prix prestigieux, fort ancien, qui récompense un film d'auteur, mais dont le jury est en même temps convaincu qu'il pourrait fort bien toucher un large public.

<<dévorer des yeux>>, image lexicalisée de la voration dont Jean Touzot remarque que Mauriac l'a souvent renouvelée et intensifiée.

POURRIEZ-VOUS M'EXPLIQUER L'EMPLOI DE DONT DANS CE CONTEXTE? Dans la mesure où je sais, ce pronom relatif remplace un complément introduit par la préposition de. Mais dans ces deux examples il n'y en a pas...

MERCI DE VOTRE COOPÉRATION ET PATIENCE
 
Last edited:
  • Xence

    Senior Member
    Algeria (Arabic - French)
    mais dont le jury est en même temps convaincu qu'il... = le jury de ce prix prestigieux

    Dans cette phrase il y a risque de confondre dont avec "d'auteur", d'où la virgule après "auteur".

    ***
    <<dévorer des yeux>>, image lexicalisée de la voration dont Jean Touzot remarque que Mauriac l'a souvent renouvelée et intensifiée.
    Je me demande si le pronom "dont" est pertinent ici. J'aurais plutôt dit:

    "image lexicalisée à propos (au sujet) de laquelle Touzot remarque..."
     

    StefKE

    Senior Member
    French - Belgium
    <<dévorer des yeux>>, image lexicalisée de la voration dont Jean Touzot remarque que Mauriac l'a souvent renouvelée et intensifiée.
    Jean Touzot remarque (à propos) de l'image lexicalisée la voration que Mauriac l'a souvent renouvelée et intensifiée.

    Plus simplement dit: Jean Touzot remarque que Mauriac a souvent renouvelé et intensifié l'image lexicalisée de voration.

    C'est assez soutenu et compliqué comme tournure. Personnellement je ne l'utiliserais pas.
     

    Anne345

    Senior Member
    France
    Bonjour!!

    Il s'agit d'un prix prestigieux, fort ancien, qui récompense un film d'auteur, mais dont le jury est en même temps convaincu qu'il pourrait fort bien toucher un large public.
    dont représnte le film = au sujet duquel...
    III.
    [Dont en fonction de subordination (dans la subordination en chaîne); pour introduire une prop. subordonnée relative suivie d'une prop. subordonnée conj. complétive ou interr.
    ATLIF
     

    Maître Capello

    Mod et ratures
    French – Switzerland
    dont représnte le film = au sujet duquel...
    Je ne suis pas de cet avis ; je rejoins Xence : dans la première phrase, dont se rapporte au prix prestigieux et non au film.

    Quant à la seconde phrase, le dont est certes correct, mais, comme StefKE, je ne l'emploierais pas, au profit de la tournure proposée pas Xence.
     

    Maître Capello

    Mod et ratures
    French – Switzerland
    Comment alors justifiez-vous le mais s'il ne s'oppose pas à film d'auteur ?
    Le mais s'oppose bien à film d'auteur, mais cette conjonction ne semble pas se justifier dans la phrase : un et eût été préférable selon moi. Quoi qu'il en soit, la conjonction ne change strictement rien à l'antécédent de dont
     

    itka

    Senior Member
    français
    Il s'agit d'un prix prestigieux, fort ancien, qui récompense un film d'auteur, mais dont le jury est en même temps convaincu qu'il pourrait fort bien toucher un large public.
    A la base, se trouvent les deux phrases suivantes :

    1. Il s'agit d'un prix [prestigieux, fort ancien, qui récompense un film d'auteur]. Les mots en italique qualifient le substantif "prix"

    2. Le jury de ce prix est [...] convaincu qu'il pourrait fort bien [...]

    L'antécédent de "dont" ne peut être autre chose que "jury". De toutes façons, que signifierait "le jury d'un film" ?

    Donc, désolée Anne, je suis bien d'accord avec Maître Capello...et je trouve aussi que le "mais" est surtout une maladresse de style.
     

    Anne345

    Senior Member
    France
    Je donne donc la suite du la citation du TLFI

    A. [Une relative avec dont suivie d'une complétive d'obj. avec que (dont... que, cas très fréq.)] :
    26. ... les philosophes et les historiens discuteront plus tard des motifs de cet acharnement, qui mène à la ruine complète un grand peuple, coupable, certes, et dont la justice exige qu'il soit châtié, mais dont la raison supérieure de l'Europe déplorerait qu'il fût détruit.
    DE GAULLE, Mémoires de guerre, 1959, p. 157.
    J'espère que tout le monde sera d'accord que les dont représentent le peuple, repris par les il sujets de soit châtié et fût détruit ...
     

    Punky Zoé

    Senior Member
    Pau
    France - français
    Bonjour à tous

    Le débat est lancé ! ;) (et je vais y mettre mon grain de sel :p)

    Tout d'abord, à destination de ceux qui apprennent la langue française, je dirai que cette tournure est alambiquée, peu claire (la preuve en est que les "natifs" ne la comprennent pas de la même façon) et qu'on peut parler français sans l'utiliser - comme l'a bien montré Stefke, précédemment, en proposant une forme plus simple.

    Pour ce qui est de la "querelle" entre Francophones, je dois dire que j'ai tout d'abord compris la phrase comme Anne, puis en lisant l'interprétation de Xence, j'ai eu un gros doute qui m'a conduit à m'abstenir de poster :)eek:).

    Maintenant, après avoir lu les arguments des uns et des autres, je penche à nouveau pour ma première impression étayée par l'explication d'Anne qui en appelle au Trésor.

    Il est vrai que si on s'en tient à la valeur de "dont" égale à "de", celui-ci ne pourrait se rapporter qu'à "prix prestigieux", mais si on remplace "dont" par "au sujet duquel" (suggéré par le Trésor), "dont" ne peut se rapporter qu'à "film d'auteur", repris plus loin par "il" (je pense que dans l'autre hypothèse il aurait été nécessaire de repréciser de quoi il s'agissait.
     

    Nicomon

    Senior Member
    Français, Québec ♀
    Je penche aussi pour l'explication d'Anne. En raison de la fin de la phrase... mais dont le jury est convaincu qu'il pourrait fort bien toucher un large public.

    À mon avis, c'est le film et non le prix qui touche un large public. Non?:confused:

    Je comprends : Ce prix prestigieux, fort ancien, récompense un film d'auteur dont le jury est en même temps convaincu qu'il (le film) pourrait fort bien toucher un large public.

    Autrement dit : Ce prix prestigieux, fort ancien, récompense un film d'auteur qui, selon l'avis du jury, pourrait fort bien toucher un large public.
     
    Last edited:

    Maître Capello

    Mod et ratures
    French – Switzerland
    Je penche aussi pour l'explication d'Anne. En raison de la fin de la phrase... mais dont le jury est convaincu qu'il pourrait fort bien toucher un large public.

    À mon avis, c'est le film et non le prix qui touche un large public. Non?:confused:

    Je comprends : Ce prix prestigieux, fort ancien, récompense un film d'auteur dont le jury est en même temps convaincu qu'il (le film) pourrait fort bien toucher un large public.
    C'est bien évidemment le film qui peut toucher un large public et non le jury. Ainsi donc, le pronom il reprend certes le film, mais cela peut être vrai pour les deux explications. Car il y a en effet deux explications possibles : 1º l'antécédent de dont est jury ; 2º dont a film comme antécédent et signifie au sujet de.

    Cela dit, la phrase est de toute façon critiquable et ce, à plus d'un titre. D'une part le présent débat indique que la phrase est peu claire ; d'autre part que ce soit l'une ou l'autre explication qui soit la bonne, on peut critiquer sa construction :
    1) L'antécédent de dont (jury) n'est pas le même que celui de il (film), ce qui prête à confusion.
    2) Le pronom relatif dont signifiant au sujet de est fortement critiqué par certains grammairiens quand le verbe ne se construit pas avec de.

    En bref, je suppose que c'est la seconde explication qui est la bonne (celle d'Anne), mais je désapprouve cette construction…
     
    Last edited:

    Anne345

    Senior Member
    France
    Mais l'antécédent de dont est bien film, le nom immédiatement devant le relatif, si on exclut son complément auteur...
    Et je ne trouve aucune critique de cette constuction dans mes grammaires. Denis, Sancier-Chateau signale simplement que c'est "réservé à un usage littéraire, ou soutenu."
     

    Maître Capello

    Mod et ratures
    French – Switzerland
    Mais l'antécédent de dont est bien film, le nom immédiatement devant le relatif, si on exclut son complément auteur...
    La proximité d'un mot n'est pas une raison suffisante pour prouver qu'il s'agit de l'antécédent… Cela dit, comme je l'ai écrit dans mon précédent message, l'antécédent de dont semble bien être film…
    Et je ne trouve aucune critique de cette constuction dans mes grammaires. Denis, Sancier-Chateau signale simplement que c'est "réservé à un usage littéraire, ou soutenu."
    Grevisse semble avoir un avis nuancé sur la question et ne prend pas vraiment position, alors que certains, tel Hermant, la considèrent comme « une faute avérée et grossière »…

    AJOUT:
    La tournure littéraire, selon Grevisse, serait d'utiliser que… qui au lieu de dont… que. Cependant, j'ai du mal à voir comment l'appliquer dans notre exemple…
     
    Last edited:

    itka

    Senior Member
    français
    Plus je réfléchis à cette phrase et moins je la comprends !

    Si on supprime le "mais" qui fait problème (et la virgule qui suit), on obtient :
    "Il s'agit d'un prix prestigieux, fort ancien, qui récompense un film d'auteur, dont le jury est en même temps convaincu qu'il pourrait fort bien toucher un large public".
    Diriez-vous que c'est la même phrase ? Moi, je ne la comprends pas comme l'autre.
    Dans ce cas on a : le jury de ce film d'auteur (sic) est en même temps convaincu... ce qui en toute logique n'a pas de sens, un film n'ayant pas de jury.
    Dans l'autre : le jury de ce prix est convaincu qu'il (un film d'auteur) pourrait fort bien...et là, on a un pronom "il" employé en contradiction avec le relatif dont.
    Et le "mais" ? Que vient-il faire dans cette histoire ?

    Pour moi, conclusion : cette phrase est complètement tordue, n'en déplaise aux grammairiens cités par Anne...Je dis bien : pour moi.
    Tant mieux si pour vous elle a un sens !
     

    Anne345

    Senior Member
    France
    Mais marque simplement l'opposition entre film d'auteur et succès auprès d'un large public.

    En simplifiant la phrase :
    Il s'agit d'un prix qui récompense un film.
    Le jury est convaincu que le film pourrait toucher un large public.

    Quand le groupe nominal à relativiser, qui fait partie d'une complétive, est sujet, il est représenté à sa place par un pronom personnel, tandis qu'apparait en tête de phrase un dont qui fait le lien entre l'antécédent et ce pronom.

    => Il s'agit d'un prix prestigieux qui récompense un film
    dont le jury est convaincu qu'il pourrait toucher un large public.

    dont n'est donc pas complément de nom de jury. Si on le remplace par à propos duquel, on constate qu'il est complément indirect de est convaincu. Mais il a surtout un rôle de subordonnant.
     

    Nicomon

    Senior Member
    Français, Québec ♀
    La tournure littéraire, selon Grevisse, serait d'utiliser que… qui au lieu de dont… que. Cependant, j'ai du mal à voir comment l'appliquer dans notre exemple…
    C'est justement ce que j'ai tenté (un peu gauchement) de faire, en suggérant ceci, au post #11.

    Ce prix prestigieux, fort ancien, récompense un film d'auteur qui, selon l'avis du jury, pourrait fort bien toucher un large public.

    Pour moi, conclusion : cette phrase est complètement tordue, n'en déplaise aux grammairiens
    Bien d'accord itka. La virgule et le mais sont en effet superflus, et la phrase est longuette. ;)
    Sauf que... je suis un peu étonnée que tu dises que le film n'a pas de jury. Qu'est-ce qu'il juge au juste, à part la valeur du film, avant d'attribuer le prix. :confused:
     
    Last edited:

    Maître Capello

    Mod et ratures
    French – Switzerland
    C'est justement ce que j'ai tenté (un peu gauchement) de faire, en suggérant ceci, au post #11.

    Ce prix prestigieux, fort ancien, récompense un film d'auteur qui, selon l'avis du jury, pourrait fort bien toucher un large public.
    Oui, mais là tu as remanié la phrase (le verbe convaincre a notamment disparu). Le tour classique dont je parlais ne fait qu'utiliser que… qui au lieu de dont… que sans autre modification. Exemple :

    Sa mère qu'il dit qui est malade

    pour : Sa mère dont il dit qu'elle est malade…
     

    Nicomon

    Senior Member
    Français, Québec ♀
    Oui, mais là tu as remanié la phrase (le verbe convaincre a notamment disparu). Le tour classique dont je parlais ne fait qu'utiliser que… qui au lieu de dont… que sans autre modification. Exemple :
    Sa mère qu'il dit qui est malade
    pour : Sa mère dont il dit qu'elle est malade…
    Bien compris. Et je ne vois en effet pas comment on pourrait utiliser ce tour classique dans la phrase originale.

    J'ai remanié le tout dans un effort (peut-être pas très réussi) de l'alléger. Mais je crois bien que le sens y est toujours. J'ai remplacé dont le jury est (en même temps) convaincu par qui, selon l'avis du jury. Selon moi (j'ai peut-être tort de le penser) la précision en même temps est superflue. Et je n'ai pas osé écrire selon l'avis convaincu du jury. :D

    Trouvé sur google
    Le Jury décernera des Cyber Lions d’Or, d’Argent et de Bronze dans chaque catégorie, à toute inscription qui, selon l’avis du Jury, mérite une telle distinction. source
    Si on veut alambiquer le tout, cela pourrait donner :
    Le Jury décernera des Cyber Lions d’Or, d’Argent et de Bronze dans chaque catégorie, à toute publicité inscrite, mais dont le jury est en même temps convaincu qu'elle mérite une telle distinction. :rolleyes:
     
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